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6. xvn, 1-10, où la parabole du serviteur à qui son maître ne doit pas un gré spécial pour le travail qui est de son devoir (vv. 7-10) pourrait avoir été substituée intentionnellement au Serviteur impitoyable.
A. Loisy. — Les Evanyiles synoptiques, II. 19
et de Luc, et c'est de là qu'il aura pris, pour la relier à l'histoire du figuier la série de réflexions sur la puissance de la foi, l'efficacité de la prière et la nécessité du pardon mutuel comme condition d'exaucement '.Il ne transcrit pas les sentences comme Luc et Matthieu, mais il les reproduit librement, peut-être de mémoire, et les combine gauchement dans un discours suivi qui n'a ni la précision de souvenirs personnels, ni l'exactitude d'une transcription régulière. Le caractère de sa rédaction paraît s'expliquer de la façon la plus satisfaisante, si l'on y voit une espèce de glose destinée à compléter, par des emprunts au recueil de discours, un récit très succinct du ministère de Jésus à Jérusalem. Ce que Marc dit touchant la certitude de l'exaucement est visiblement secondaire par rapport à ce qu'on lit ailleurs sur le même sujet dans Matthieu 2 et dans Luc :î. Et l'on peut en dire autant de ce qui vient ensuite, touchant la nécessité de pardonner au prochain si l'on veut soi-même être exaucé lorsqu'on implore le pardon de Dieu.
Marc, xi, 25. « Et quand vous vous mettez en prière, si vous avez quelque chose contre quelqu'un, pardonnez, afin que votre Père qui est aux cieux vous pardonne aussi vos péchés. »
Ce passage combine deux leçons que le premier Evangile présente séparément : l'avis, donné à celui qui veut se présenter devant Dieu, de se réconcilier d'abord avec son prochain, s'il y a lieu '*; et l'instruction formelle touchant la nécessité de pardonner pour être pardonné '. Matthieu, qui n'avait pas craint de se répéter en reproduisant, d'après Marc, la leçon de la foi et la promesse d'exaucement, néglige cette conclusion du second Évangile, probablement
1. On pourrait conclure de Me. i\, 23-24, 42-50, que le rédacteur du second Evangile avait trouvé dans le même contexte la leçon sur la foi et la leçon sur le scandale ; et il semble résulter de Mr. xvm, comparé à Le xvn, 1 -10 que les sentences concernant la foi, le scaadale, l'exaucement de la prière et le pardon. se suivaient dans la source commune. 11 est moins sûr que la leçon de la foi ait suivi primitivement la guérison de l'épileptique B. Weiss, 559 , la leçon de la foi étant aussi artificiellement rattachée au contexte dans Me. i\, 23-24, que dans Me. xi, 22-24, et Mr. xvn, 20 s'expliquant par Me. ix, 23-24.