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?). Wellh.usen, Me. 98.
LA QUESTION DES PRÊTRES
Mahc, xi, 27-33. Matth. xxi, 23-27. Luc, xx, 1-8.
Originairement la question des prêtres se des vendeurs. L'histoire du figuier desséché que Luc n'a pas su rétablir.
Mahc, xi, 27. Et ils Matth. xxi, 23. Et vinrent de nouveau à quand il lut entré dans Jérusalem; et comme le temple, les chefs des il se promenait dans prêtres et les anciens lé temple, les chefs des du peuple s'approprêtres, les scribes et chèrent de lui, penles anciens s'appro- dant qu'il enseignait, chèrent de lui 28. et et lui dirent : « Par lui dirent: « Par quelle quelle autorité fais-tu autorité fais-tu cela, cela? Et qui t'a donné ou qui t'a donné le ce pouvoir? » 24. Et répouvoir de le faire ? » pondant, Jésus leur 29. Et Jésus leur dit : dit : « Je vous deman- « Je vous ferai une derai, moi aussi, un question; répondez- mot, et si vous me le moi, et je vous dirai dites, je vous dirai par par quelle autorité je quelle autorité je fais fais cela. 30. Le bap- cela : 25. D'où était le tême de Jean était-il baptême de Jean? Du du ciel ou des hommes? ciel ou des hommes?» Répondez-moi? » 31. Et ils raisonnaient en
Et ils raisonnaient entre eux, disant : « Si nous répondons : « Du ciel », il dira : « Pour-
eux-mêmes, disant :
« Si nous répondons :
« Du ciel » , il nous dira :
« Pourquoi donc n'avez-
quoi donc n'avez-vous vous pas cru en lui?»
pas cru en lui? » 32. 26. Mais si nous di-
Mais si nous disons : sons : « Des hommes»,
<» Des hommes?... » Ils nous avons à craindre
rattache à l'expulsion a détruit ce rapport,
Luc, xx, 1. Et il advint, un jour qu'il instruisait le peuple clans le temple et annonçait la bonne nouvelle, que les prêtres et les scribes survinrent avec les anciens, 2. et dirent, s'adressant à lui : « Dis nous par quelle autorité tu fais cela, ou qui t'a donné ce pouvoir. »
3. Et répondant, il leur dit : « Je vous poserai, moi aussi, une question. Dites-moi :
4. Le baptême de Jean était-il du ciel ou des hommes? ». 5. Et ils raisonnèrent entre eux, disant : « Si nous répondons : « Du ciel », il dira : « Pourquoi n'avez-vous pas cru en lui? » 6. Et si nous disons : « Des hommes », tout le peuple nous lapidera, caril est persuadé que Jean était
LA QUESTION DES PRÊTRES
craignaient le peuple, parce que tous regardaient Jean comme étant réellement prophète. 33. Et répondant, ils dirent à Jésus :
« Nous ne savons pas. »
Et Jésus leur dit :
« Moi non plus, je ne vous dirai pas par cjuelle autorité je fais cela. »
la foule; car tous regardent Jean comme prophète. ». "27. Et répondant, ils dirent à .les u s : « Nous ne savons pas. >" Et lui aussi leur dit : « Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais cela. »
prophète. » 7. Et ils répondirent qu'ils ne savaient pas d'où (il était). 8. Et Jésus leur dit : « Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais cela. »
Le parallélisme des trois relations est ici très remarquable. Il n'y a guère que l'introduction où l'on trouve quelques différences qui méritent d'être notées. Dans Marc, le Sauveur, après avoir commenté à ses disciples le miracle du figuier desséché, arrive au temple et se promène dans les parvis. Les membres du sanhédrin, dont les trois catégories, prêtres, scribes, anciens, sont énumérées par l'évangéliste, et dont les mauvais desseins ont été précédemment signalés, viennent trouver Jésus. Il ne peut être question du sanhédrin tout entier, mais de quelques membres agissant quasi officiellement pour le compte et dans l'intérêt de tout le corps. Ils viennent, avant que Jésus pousse plus loin son entreprise, lui demander raison de la conduite qu'il a tenue la veille dans le temple : « Par quelle autorité fais-tu ces choses, ou qui t'a donné le pouvoir de le faire1 ? »
Cette question ne peut concerner la présence de Jésus dans la cour du temple, en ce moment, car une mission spéciale n'était pas nécessaire pour se présenter là ; ni le miracle du figuier, qui est raconté auparavant, puisque les membres du sanhédrin n'en ont pas été témoins, mais l'expulsion des vendeurs. Toutefois les sanhédristes ne sont pas censés s'occuper exclusivement de cet incident; ils disent « ces choses », et sans doute l'évangéliste veut entendre par là tout ce que Jésus a fait 2 dans le temple depuis son arrivée à
l.V. 28. iv "ol* izo-ji'.-j. -.yZ'.y. tcoisiç ; r] t;: uot eSwxev tt\v iifouaîav tauTTjv ['va tzjtx noir)? ; Ct". Act. iv, 7. Ss. et quelques mss. lat. omettent t'va /.-'/..
2. B.Weiss, Mk. 1S1, l'entend des usurpations possibles que ferait supposer l'expulsion des vendeurs ; mais le Taùxa répété ne peut guère viser qu'un ensemble de faits acquis.
Jérusalem : manifestation tumultueuse, acte d'autorité inouï dans l'expulsion des vendeurs, prédication pour justifier cet acte. On dirait qu'ils demandent des explications sur l'attitude messianique du Sauveur. De quel droit s'est-il attribué la police du temple, et se comporte-t-il en chef et en docteur dans le lieu saint? Et 1 on doit supposer qu'ils ont l'intention d'abuser de sa réponse contre lui. Mais il convient d observer que la question n'est parfaitement intelligible que si l'on fait abstraction de l'incident qui est rapporté auparavant, ce qui confirme l'hypothèse précédemment émise, touchant le caractère adventice non seulement de ce qui a été raconté à propos du figuier, mais aussi du sectionnement chronologique dans lequel Marc a réparti les matériaux traditionnels l.
Le rédacteur du premier Evangile paraît avoir voulu expliquer la question des prêtres en disant que Jésus enseignait lorsqu'ils vinrent le trouver 2. Ce détail se rencontre aussi dans le troisième Evangile ; mais l'indication venait en quelque sorte d'elle-même, et a pu se présenter naturellement à l'esprit des évangélistes, les deux formes ordinaires de l'activité de Jésus étant les guérisons et la prédication. 11 semblerait que Matthieu ait en vue l'enseignement3 que Jésus donne à l'instant où les membres du sanhédrin l'interpellent. Cependant la teneur traditionnelle de la question : « Par quelle autorité fais-tu ces choses ? » réclame un objet moins déterminé. Il s'agit toujours de l'autorité que Jésus s'est arrogée dans le temple depuis son arrivée, et dont l'expulsion des vendeurs a été l'affirmation la plus hardie. Grâce à la distribution des récits, cet incident se perd maintenant dans les choses que Jésus « fait », et ne paraît plus visé directement, puisque c'est pour le lecteur une chose faite, et que les prêtres ont eu déjà une explication avec
1. Cf. Jn. ii, 18, où mie question analogue est posée aussitôt après l'expulsion des vendeurs.
2. Me. 27. xoeî àv T'o tspw 7î£pi7taTOuvTOç au-oj È'pvovrai r.yii xutov oï apyiepeïç v.~\. Mt. 23. xaî ëXOo'vTûç aùtoij si; xo îepôv 7tpoarjX8ov aùtoi StBâaxovxi ol ap'/upsi; xtà. Le otoàsxovT'. pourrait être écho de Me. 17, xaî soîoaaxsv. Le. 1. xaî èyévETO iv ;j.'.à tùjv f]jj.loa>v (cf. v, 17 ; VIII, 22) SiSaaxovroç aùxou tov Àaôv iv toj [epto xai sùayyEÀiÇopivou È7iÉCTTY)aav oî àp/'.sp:;; v-K. Ss. Se. et plusieurs mss. lat. n'ont pas otoâœxovti dans Mt. 23, et ce mot pourrait être une glose. Le début de Le xx, 1, peut s'expliquer par une sorte de reprise particulière de xix, 47.
3. A condition que le mot SiSàaxovrt soit authentique. Cf. n. 2.
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le Christ '. On ne peut guère songer aux miracles qui, d'après Matthieu-, ont signalé l'entrée de Jésus dans le temple; car ces guérisons n'étaient pas des actes d'autorité; elles ont été ajoutées pour l'ornement du récit par le rédacteur, qui sans doute n'y pense plus en rapportant la question des prêtres.
Luc, après la conclusion générale qu'il a donnée au récit de l'expulsion des vendeurs, assigne une date vague à la question posée par les membres du sanhédrin. Jésus, dit-il, enseignait tous les jours dans le temple, et un jour qu'il enseignait, les prêtres, les scribes et les anciens, énumérés comme dans Marc, lui demandent « par quelle autorité il fait cela ». Si l'on tient compte du contexte immédiat, il ne peut être question que de l'enseignement donné par le Sauveur dans le temple, depuis qu'il est à Jérusalem. Et comme Luc a réduit le plus possible l'affaire de l'expulsion, qu'il la dissimule, pour ainsi dire, derrière une notice générale touchant la prédication de Jésus à Jérusalem, et qu'il attire l'attention du lecteur sur cette prédication comme occasion particulière de l'intervention du sanhédrin, il ne paraît pas douteux que, dans le troisième Evangile, la question des prêtres se rapporte à l'autorité que Jésus s'attribue, non précisément pour enseigner dans le temple, mais pour enseigner ce qu'il enseigne, à savoir « l'évangile » du royaume 3.
Les membres du sanhédrin demandent donc à Jésus quel titre personnel il peut faire valoir pour se comporter ainsi en maître ou en docteur souverain dans le temple, et, s'il n'agit pas en son propre nom, de qui lui vient l'autorité qu'il prétend exercer. Dans leur pensée, Jésus allait être obligé d'avouer qu'il était le Messie, ou tout au moins qu'il venait au nom de Dieu, puisqu'il n'avait aucune mission des autorités établies. Mais le Sauveur échappe à leur question par une autre, que lui-même leur pose. L'espèce de jeu dialectique dont il use en cette circonstance était conforme aux procédés habituels des rabbins. On en verra d'autres exemples. Jésus se déclare prêt à leur dire quelle autorité il s'adjuge, s'ils veulent répondre à la question 4 qu'il va leur poser de son côté.