‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 27 sur 726 · vi, 12; I · texte numérisé non relu

vi, 12; I

Luc à l'édification morale, par l'accentuation des apparences historiques. Mais l'indication vague : « sur une haute montagne '"», convient mieux au caractère idéal du récit. Dans Matthieu, cette montagne fait songer à celle de la tentation 2 ; seulement Jésus n'est pas sur la hauteur avec l'image obsédante des gloires terrestres; il y est avec la pensée de sa mort prochaine, et dans l'éclat anticipé de son triomphe éternel, en sorte que la montagne de la tentation devient celle de la résurrection 3. Si l'on prend à la lettre toutes les données de Marc, la montagne de la transfiguration devra être cherchée dans la région de Césarée, que Jésus ne quittera que plus tard 4 ; la scène serait localisée sur quelque sommet du mont Hermon, au nord de Césarée. Mais celui qui a raconté la transfiguration n'est pas le vieux traditionniste qui a conduit Jésus à Césarée, et qui le ramènera à Capharnaùm ; c'est l'apologiste qui a rédigé la prophétie de la passion, laquelle n'est fixée ni dans l'espace ni dans le temps ; la transfiguration a eu lieu six jours après la prophétie, et sur une montagne où Jésus s'est rendu, après sa prédiction, avec trois disciples ; le point de départ du voyage et de la période manquant de réalité, il est superflu d'en chercher le terme. Matthieu ne mentionnera pas le retour en Galilée 5 ; peut-être a-t-il voulu faire entendre que la montagne de la transfiguration était dans cette contrée, et non dans la région païenne de Césarée, ou bien a-t-il pensé qu'il ne fallait pas plus identifier cette montagne que celle de la tentation. Une tradition longtemps acceptée dans l'Eglise 6 met la transfiguration sur le Thabor '.

Pendant que Jésus était avec les disciples sur la montagne, il leur apparut tout changé 8. On dirait, d'après Marc et Matthieu,

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