‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 280 sur 726 · xxi, 11 ; supr. p · texte numérisé non relu

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de ceux qui accompagnaient le Sauveur entrant à Jérusalem. Il n'est pas question maintenant du départ des auditeurs, parce que Matthieu veut leur faire adresser encore la parabole du Festin ; mais il se souviendra de ce détail au commencement de l'anecdote suivante 1 : « Alors les pharisiens, s'en étant allés, tinrent conseil. » Luc, transformant en incident particulier les machinations des prêtres et des scribes contre Jésus, dit qu'ils « cherchèrent à mettre la main sur lui à l'heure même ~ », et il efface la mention de leur départ 3.

Faut-il maintenant considérer comme un document authentique de la prédication hiérosoly mitaine cette allégorie des Vignerons, qui paraît avoir été présentée, à un moment donné, comme le dernier discours public de Jésus? Sans doute l'allégorie et la citation prophétique qui la complète appartiennent à une tradition ancienne, antérieure à la rédaction définitive de nos Evangiles : elles ne sont pas, pour cela, garanties comme paroles du Christ. Le récit n'est pas une vraie parabole, mais une allégorie ; il n'est consistant que dans le sens spirituel, et serait invraisemblable d'un bout à l'autre, si on voulait le prendre à la lettre 4. Ce peut être un enseignement à méditer, ce n'était pas un discours à faire. On chercherait vainement à en dégager une parabole, en éliminant les éléments allégoriques, attendu qu'il ne resterait plus rien ; ou en affirmant la priorité relative du récit de Luc sur celui de Marc 5, attendu que cette priorité n'est point établie, et que l'allégorie subsiste dans le récit, abrégé et corrigé, du troisième Evangile. La prophétie est inséparable de la parabole ; les deux réunies constituent comme une philosophie générale de l'histoire israélite, en tant que cette histoire a son point culminant et décisif dans le ministère et la mort de Jésus- Christ. Jésus aurait pu exceptionnellement prêcher en allégorie, et il a cité, en d'autres occasions, des textes prophétiques. Mais, dans le cas présent, la citation se comprend beaucoup mieux comme argument des premiers chrétiens contre les Juifs, que dans la bouche de

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