Le. xvn, 11-19: supr. pp
A. Loisv. — Les Evangiles synoptiques. II. 26
n'en resterait pas moins douteux que la mention des pharisiens en vienne également. Les pharisiens étant connus comme demandeurs de signes ', il était aisé de leur attribuer la question concernant le temps du grand avènement. On ne leur prête aucune intention de raillerie, ni celle de compromettre Jésus par la réponse qu'ils attendent. Leur question ne vient que pour amener la déclaration du Christ.
Jésus enseigne que « le royaume de Dieu n'arrive pas avec observation », et qu'on ne pourra pas dire qu'il est « ici ou là », parce que « le voici parmi » ceux à qui le discours s'adresse 2. A en juger par l'embarras des commentateurs et les divergences d'interprétation, ces paroles seraient bien obscures. Cependant le mot « observation » ne peut signifier ici « espionnage », et s'entendre des dispositions malveillantes des pharisiens; ni « pratique » ou « observance », et s'entendre du culte légal qui devrait faire place au culte en esprit; ni << éclat » ou « remarque », si l'on veut entendre par là que le royaume viendra, ou qu'il est arrivé sans qu'on s'en aperçoive, à moins qu'on n'admette une contradiction flagrante entre cette déclaration et le discours qui suit, où il est dit que le Fils de l'homme apparaîtra comme un élair illuminant tout 1 horizon. Mais « observation » doit s'entendre au sens actif, de l'attention aux signes précurseurs du règne messianique : l'avènement du royaume ne sera pas précédé d'indices auxquels on pourra reconnaître son approche immédiate. La réponse n'est pas tout à fait dans le droit fil de la question, puisqu'on a demandé quand 5, et non comment le royaume arrivera. Celui qui a rédigé la demande était préoccupé du retard de la parousie, et de ce qui devait arriver auparavant ; c'est pourquoi il répond au « quand » par le comment. S'il avait en pensée un avènement spirituel et moral du royaume 4, l'échange de propos qu'il raconte se fonderait sur une
1. Cf. Mt. xn, 38; xvi, 1; Me. vm, 11. Dans Le. xi, 16, passage parallèle à Mt. xn, 38 et à Me. vin, 11 (Mt. xvi, 1), les pharisiens ne sont pas nommés, comme si on les réservait pour xvn, 20.
2. V. 20. oùx Ipystai rt (3a<JtXsta tou (hou pisrà ^apa-crjprjascoç, 21. aùSk èpouaiV tSoù t»8t 7) èxét* îSoù yxp t) [3aaLÀ£i'a tou Oeoù ivtàç ujjuûv Ècttiv.