‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 371 sur 726 · Y. 17, à lire après v · texte numérisé non relu

Y. 17, à lire après v

4. Mt. 20. Trpojï'jysaÔs 8è ['va p.'f\ yivir\Ta.i r\ «puyîi ujawv yî'.awvo; p.r]ok aappaTw.

imaginé par Matthieu, et il a chance d'être primitif. La leçon de Marc ' : « Priez pour que cela n'arrive pas en hiver », a 1 air d'être écourtée. On sent l'auteur qui, n'écrivant pas pour des habitants de la Palestine, s'est aperçu à temps que ses lecteurs n'avaient pas besoin qu'on les invitât à fuir dans les montagnes. Mais, s'il a supprimé la fuite, il peut aussi bien avoir supprimé le sabbat, que Matthieu, de son cô é, a pu conserver, comme il garde d'autres détails judaïsants, mais qu'il n'aurait pas ajouté de lui-même. Matthieu serait donc, en cet endroit, primitif relativement à Marc, soit que le texte de celui-ci ait été retouché après que le premier Evangile eut été écrit, soit plutôt que Matthieu ait connu la source de Marc et l'ait préférée à celui-ci. Dans ce cas, l'on devrait admettre aussi comme probable que le document apocalyptique avait trouvé place dans le recueil des discours évangéliques, et que le rédacteur du second Evangile l'avait déjà dans ce recueil'2, où Matthieu ensuite et Luc ont pu le lire.

Luc a traité assez librement le texte primitif, en continuant de tourner la pensée du lecteur vers la destruction de Jérusalem. C'est pourquoi il écrit non seulement que ceux qui seront en Judée devront se retirer dans les montagnes, mais que ceux qui seront à Jérusalem devront se hâter d'en sortir, tandis que ceux du dehors ne devront pas y entrer. Il ne dit rien de ceux qui seront sur le toit ou dans les champs, parce que ces détails s'harmonisaient encore moins avec son cadre qu'avec celui de Marc, et qu'il connaissait d'ailleurs leur vraie place. Il est très risqué de supposer à Luc une source particulière, qui aurait été rédigée au commencement du siège de Jérusalem, en un temps où les communications entre la ville etle dehors n'étaient pas absolument coupées 3. La précision des détails concernant la fuite se comprend tout aussi bien, et même mieux, à une certaine distance des événements ; et si l'évangéliste ne signale pas expressément la destruction de Jérusalem et du temple, c'est

\. Y. 10. -p07rjy£3(k 81 ;.va ult] yévY]T0C[ j(£ifiàivoç.

2. B. YVeiss, Mk. 201. Mais cette circonstance ne prouve pas l'authenticité du document. IIoltzmann, 2s4, admet ici une addition de Matthieu, conforme ;'i v. Is ; mais ce passage n*est pas non plus de l'évangéliste. Cf. I, 564-566.

3. J. Weiss, Lk. 607. Cet auteur va jusqu'à dire que la source de Luc pourrait bien être le yp7]jao; dont parle Eusèbe (Hist. ecel. III, 5, 3), qui aurait décidé les chrétiens de Jérusalem à se retirera Pella.

qu'il subit, sans le vouloir, l'influence de la source, où il n'en était pas question, et que peut-être il ne se soucie pas d'insister sur ce point. Ce qu'il dit des Juifs tués et emmenés en captivité s'entend très naturellement du sort de tous ceux qui ont péri dans le siège de Jérusalem, ou qui ont été pris quand la ville eut succombé. Il a voulu montrer dans ces événements la réalisation des anciennes prophéties, et il imite lui-même le style des prophètes pour parler de « ces jours de vengeance », de cette colère de Dieu contre son peuple ', des nations qui foulent le sol où fut Jérusalem, en attendant que leur temps soit accompli 2. La recommandation de prier, pour que la fuite n'eût pas lieu en hiver ou le jour du sabbat, n'avait plus de sens pour lui, et il l'a simplement omise.

Dans Marc et dans Matthieu, il s'agit de fuir devant l'épouvantable crise 3 que traverseront la Judée et l'univers entier; car, si la Judée se trouve être comme l'objet direct de la prophétie et le point central de la catastrophe, c'est le monde qui paraît devoir s'abîmer dans un suprême bouleversement. Le discours primitif n'annonçait ni la ruine totale de Jérusalem, ni la dispersion des Juifs ; encore moins indiquait-il que ces événements dussent être séparés de la fin du monde par un intervalle plus ou moins long-. Suivant le cadre tracé par Daniel, dans la prophétie des semaines 4, il faisait plutôt entendre qu'il y aurait pour Jérusalem un temps relativement court de désolation, profanation religieuse et calamités de toutes sortes, qui se terminerait par l'apparition glorieuse du Messie. Ces jours seraient abrégés, parce que, sans cela, « toute chair », c'est-à-dire tous les hommes, et non seulement tous les Juifs, périraient, et que Dieu ne veut pas livrer à la mort tous les élus. Ceux-ci ont dû fuir au moment où a paru « l'abomination » ; mais la Judée ne sera pas seule à souffrir, et le monde entier sera en proie aux douleurs du grand avènement. C'est pourquoi Dieu, en considération de ses élus, dans leur intérêt, et non

1. Cf. Jeu. xlvi (LXX, xxvi), 10; Soph. i, 15, dans le grec, et rapprocher Ai*. vi, 17. Ss. omet k~l xftz yfj; dans Le. 23, et lit, v. 24, « en tout lieu », pour =.l;

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