‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 40 sur 726 · Le. 37. Mss. lat. (Ss.) : « oecurrit Mis turba magna · texte numérisé non relu

Le. 37. Mss. lat. (Ss.) : « oecurrit Mis turba magna

L EPILEPTIQUE

tie de la passion, après la confession de Pierre, n'a pas eu plus de peine à en amener une à cet endroit. C'est lui peut-être qui a soudé les deux récits, à cause du rapport qu'il voyait entre l'impuissance des disciples et leur inintelligence, qu'il avait fait ressortir auparavant. Bien que Matthieu et Luc dépendent de Marc, il est possible qu ils aient connu une relation plus courte que celle du second Evangile, et qui aurait été d'abord exploitée par celui-ci, à l'appui de sa thèse sur l'inintelligence et l'insuffisance des apôtres.

Marc, ix, 14. Et venus près des disciples, ils virent une foule nombreuse autour d'eux, et des

Matth. xvn, 14. Et Luc, ix, 37. Et il

lorsqu'ils furent venus advint, le lendemain,

près de la foule, un comme ils descendaient

homme s'approcha de delà montagne, qu'une

lui, se prosternant grande foule vint à sa

scribes qui disputaient devant lui 15. et rencontre ; 38. et voilà

avec eux. 15. Et toute disant : « Seigneur, aie qu'un homme parmi la

la foule, dès qu'elle le pitié de mon fils, qui foule s'écria, disant :

vit, fut très surprise, et est lunatique et qui « Maître, je t'en prie,

on accourut pour le souffre beaucoup ; car regarde mon fils, car

saluer. 10. Et il leur il tombe souvent dans il est mon seul enfant ;

demanda : « Pour- le feu, et souvent dans 30. et un esprit se sai-

quoi disputez- vous l'eau. 10. Et je l'ai sit de lui, et aussitôt il

avec eux ? » 17. Et un amené à tes disciples, crie et lui donne des

(homme) de la foule et ils n'ont pu le gué- convulsions, avec de

lui répondit: « Maître, rir. » 17. Et répondant, l'écume, et à grand

je l'ai amené mon tils, Jésus dit : « G généra- peine le quitle-t-il,

qui a un esprit muet, tion incrédule et dépra- après l'avoir brisé. 40.

18. et quand il le sai- vée, jusques à quand Et j'avais prié tes dis-

sit, il le jette par terre, serai-je avec vous

ciples de le chasser, et

et il écume, grince les Jusques à quand vous ils n'ont pas pu. » 41. dents et se raidit. Et souiFrirai-je ? Amenez- Et répondant, Jésus j'ai dit à tes disciples le moi ici. » IS. Et dit : « 0 génération de le chasser, et ils Jésus le menaça, et le incrédule et dépravée, n'ont pas pu. » 19. Et démon sortit de lui ; jusques à quand serairépondant, il leur dit : et l'enfant fut guéri je avec vous et vous « (> génération incré- depui s ce moment. soulfrirai-je ? Amène

dule, jusques à quand serai-je avec ici ton fils. >; 42. Et comme il s'apvous ? Jusques à quand vous prochait, le démon le jeta par terre soulfrirai-je ? Amenez-le moi. » 20. et l'agita de convulsions. Et Jésus Et on le lui amena ; et dès qu'il menaça l'esprit impur, et il guérit l'eut vu, l'esprit l'agita de convul- l'enfant et le rendit à son père, sions ; et tombant par terre, il se rou- 43. Et tous furent stupéfaits du lait en écumant. 21. Et, Jésus, de- grand miracle de Dieu.

manda à son père : « Depuis combiende temps cela lui arrive-l-il ? » Et il dit : « Depuis son enfance ; '2'2. et souvent il Ta jeté tantôt dans le feu, tantôt dans l'eau, pour le faire périr. Mais, si tu peux quelque chose, viens à notre secours, parpitié pour nous. » 23. Et Jésus lui dit : « Si tu peux !... tout est possible à celui qui croit. » 2i. Aussitôt, s'écriant, le père de l'enfant dit : « Je crois, viens en aide à mon défaut de foi. » 25. Et Jésus, voyant que la foule accourait, menaça l'esprit impur, lui disant: « Esprit muet et sourd, je te l'ordonne, sors de lui et n'y rentre plus. » 26. Et criant et se convulsant beaucoup, il sortit ; et (l'enfant) était comme mort, en sorte que plusieurs disaient qu'il était trépassé. 27. Et Jésus lui prenant la main, le fit lever, et il se leva.

La transition ne se fait pas sans quelque embarras dans les trois Evangiles. Dans Marc, Jésus et ses compagnons, qui sont trois des disciples, sont dits arriver « près des disciples » ; ils voient une foule qui entoure ceux-ci, et des scribes qui disputent avec eux ' ; la foule voit Jésus, et il n'est plus question désormais des trois compagnons ; la foule est prise d'une sorte de terreur, dont on ne voit pas bien la raison, l'arrivée de Jésus pouvant provoquer un peu de surprise, mais non de trouble, et le peuple n'en accourt pas moins pour saluer le Sauveur 2. Sans égard à cet empressement, et comme si rien ne gênait sa conversation avec ceux à qui ont affaire les disciples, Jésus demande a la foule ce qu'elle veut à ceux-ci3 ; la question reste sans réponse directe, et la situation ne devient claire qu'avec le discours du père de l'épileptique apprenant à Jésus ce dont il s'agit.

La dispute avec les scribes est un hors d'oeuvre, du moins au jugement de Matthieu et de Luc, qui l'ont passée sous silence ; elle est accessoire au récit du miracle, et l'on n'en dira plus rien dans la suite ; mais ce n'est pas sans raison que Marc en a parlé, bien qu'on ne voie pas d'abord la signification qu'il y attache ; s'il a voulu préparer ainsi l'apostrophe du Christ à la génération incré-

1. Y. 14. y.x\ IXQo'vte; -po; tojç aaOrjTiç eï8ov cîyÀov zoÀJv t.io: ajTO'J; /.al yc.aa;i.aT£Ï:

tjvvT)-o-jvtx; 7:00; aùtoû;. Ss. : « EL quand il vint , ils virent ». AD, etc.

£À8;ov... e!8sV.

2. V. 15. x.aî îjO'j; r.i; o o/Ào; (Ss. oniel ~. ô. o.) tôdvTS? xj-tov iïz()a.<xÇir'flrl>3at.v, xaï -pojTpiyovx;; Tja-âÇovTo aùtdv .

3. Me 10. Tt Tjvrr|taT£ Jtpô; oi'jtoj: ; Y) lit èv j;jïv. Mais le rapport de la question avec le v. 1 i (supr. n. 1) ne permet guère d'adopter cette lecture, ou d'entendre npôç xjtoj; au sens réfléchi : ■< Qu'avez-vous à discuter entre vous? »

l'épileptique 49

dule et perverse, il a pu vouloir insinuer que l'impuissance provisoire des apôtres judaïsants à convertir le monde avait été corrélative au souci de leur controverse avec les Juifs, laquelle était superflue. Comme le narrateur a encore en pensée le miracle de la transfiguration et la comparaison de Jésus sur la montagne avec Moïse sur le Sinaï, on peut croire que la dispute des scribes avec les disciples correspond à la contestation des Israélites et d'Aaron fabriquant le veau d'or '. Pareillement la frayeur de la foule est en rapport avec celle que les anciens d'Israël ressentirent en voyant rayonner le visage de Moïse descendant de la montagne 2 ; l'empressement du peuple, en contradiction avec cette frayeur, pourrait venir de source. La question que Jésus fait en arrivant ne tient pas compte de la foule comme telle : c'est une addition du narrateur, qui se réfère à ce qui a été dit des scribes. Le discours du père servira de réponse ; mais il n'avait pas été conçu à cet effet ; en lui-même, il ne tend qu'à proposer le cas de l'exorcisme tenté en vain parles disciples. Ainsi lont compris les deux autres Synoptiques, aidés peut-être par la connaissance du récit qui est à la base de Marc.

Dans la perspective confuse du second Evangile, l'impuissance des disciples à chasser le démon est censée l'occasion de leur querelle avec les scribes, si toutefois cette querelle même n'est pas l'explication de leur impuissance ; l'objet de la controverse n'est pas le cas particulier d'exorcisme inefficace, mais le pouvoir de Jésus, ou plutôt, puisque le cas particulier figure l'œuvre du Christ, c'est la mission du Sauveur, que les apôtres ont essayé inutilement de démontrer aux Juifs réprouvés. Matthieu parle de « la foule », sans qu'on voie comment elle se trouve là, aucune affluence de peuple n'ayant été signalée antérieurement. Dans Luc, aussi bien que dans Matthieu et dans Marc, les trois apôtres qui arrivent aveo Jésus semblent se perdre, aussitôt après la formule de transition, dans le groupe général des disciples :i.

Au premier rang de ceux que Jésus rencontra en venant rejoindre ses disciples se trouvait un homme qui avait amené au Sauveur

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