Cf. QÉ
suivre sur ce terrain, qui est celui des conjectures gratuites '. C'est dans les récits eux-mêmes qu'il faut chercher la clef de ces difficultés, si tant est qu'il soit possible maintenant de la trouver.
Marc s'est plu à raconter avec détails les préparatifs du dernier repas et la manière dont fut choisi l'endroit où ce repas fut tenu. On n'est pas obligé d'admettre - qu'il ait voulu montrer par son récit comment Judas n'avait pu faire prendre Jésus à l'endroit où se fit la dernière cène, le traître ne sachant pas d'avance où l'on se rendrait. Si l'on suit le premier Evangile, où le Christ dit aux disciples le nom de celui qui doit le recevoir, Judas pouvait n'ignorer pas où l'on devait aller. Mais il n'était pas possible d'arrêter Jésus sans éclat et sans tumulte dans Jérusalem, et à une heure aussi peu avancée de la nuit. Les détails rapportés par Marc ont pour lui leur importance et leur signification propres, relativement au dernier repas : ils font ressortir ce qu'il y eut d'imprévu et de providentiel dans le choix du lieu où Jésus célébra la pâque avec ses disciples. Le récit ne semble pas se rattachera ce qui a été dit de la trahison, mais appartenir à la même couche rédactionnelle et accuser les mêmes préoccupations que l'histoire de l'onction3. Dès l'abord, Jésus est censé à Béthanie. Toutefois, cette circonstance, à elle seule, ne prouverait pas que les préliminaires de la scène doivent être attribués au rédacteur qui a combiné le tableau de l'onction avec la donnée concernant la trahison de Judas. Même d'après cette dernière relation, Jésus n'a point passé à Jérusalem la journée qui précéda son arrestation, et il n'avait pas prêché ce jour-là dans le temple. Les deux choses néanmoins seraient possibles, si ce jour n'était pas le 1 i nisan, mais un des jours précédents, ou bien un jour dans l'octave pascale. Il n'est pas d'ailleurs autrement établi que, durant sa prédication à Jérusalem, Jésus ait accoutumé de prendre le repas du soir dans une maison amie 4, avant de se retirer sur le mont des Oliviers.
Donc, le matin du jour où l'on devait manger l'agneau, les disciples demandent au Sauveur où il veut qu'on prépare le festin. Certains
1. Pour la discussion détaillée de cette question chronologique, voir QÉ. 66-69.