‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 471 sur 726 · Didaché · texte numérisé non relu

Didaché

que, selon la signification réelle et complète du tableau, qui a pour objet la cène chrétienne, le Christ donne, sans les prendre luimême, le pain et le vin, son corps et son sang". A son dernier repas, Jésus a mangé du pain et bu du vin qu'il présentait à ses disciples ; dans la cène chrétienne, il ne peut et ne fait que donner.

D'après Luc, le Sauveur, dès qu'il s'est mis à table avec les disciples, exprime hautement le désir qu'il a eu de manger cette pâque i avec eux avant de mourir2. L'évangéliste considère évidemment la dernière cène comme un festin pascal ; il voit dans l'eucharistie elle-même une pâque dont la réalité apparaîtra lorsque le royaume de Dieu sera venu. Les paroles : « Je vous dis que je ne la mangerai plus jusqu'à ce qu'elle s'accomplisse dans le royaume de Dieu3 », ne sont pas à prendre pour une simple allusion aux joies du royaume éternel, comparées avec la réjouissance pascale, ou à l'analogie qui existe entre le symbolisme de la pâque juive, mémorial de la sortie d'Egypte, et le salut des hommes, la délivrance éternelle dans le royaume des cieux; mais il s'agit surtout de « cette pàque », de celle que Jésus ATa célébrer en ce moment, c'est-à-dire la pàque eucharistique. C'est celle-là qui a son accomplissement dans le royaume de Dieu. L'espèce d'antithèse que l'on a voulu trouver entre la dernière pâque juive et la première pâque chrétienne4 n'est pas marquée réellement dans le récit, et l'on peut douter même que le rédacteur du texte reçu y ait pensé, rapportant à la pàque juive ce qui est dit premièrement du vin que Jésus ne boira plus, et opposant à ce rite juif, désormais aboli, le mémorial du corps donné, du sang répandu par le Christ pour le salut du monde.

Le récit de Luc a toujours embarrassé les commentateurs, la bénédiction de la coupe précédant celle du pain, sauf à revenir une seconde fois après le souper. Il y a là comme un double emploi, car la première mention de la coupe n'a pas de raison d'être à côté de

1. Il est bien risqué de supposer (avec Holtzmann, 408) une relation implicite de « cette pàque » avec celle que Ton croit visée dans Le. vi, 1. Voir I, 507.

2. V. 15. ÈmOupua ÈraGûtj.risa touto to ~âa/a çaysiv [is6'ô[i.â)V -po tou jae ^aOEiv.

3. V. lô.AÉyw yàp uu.ïv oxt où (a/j tpâya> aÙTO eœ? otou -Xï)pwOrj (D, y.aivov j3pco6rjj èv Trj fiaaiÀeia tou 6eû'j.

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