Cf.HOLTZMANN
où plusieurs témoins ' l'ont omis. Cependant le fragment évangélique cité plus haut contient la mention du double chant. 11 y a chance pour qu'elle soit primitive, au moins dans Marc, et qu'elle ait été négligée des deux autres évangélistes, soit parce qu'ils ont eu connaissance d'un récit antérieur et plus simple, soit parce qu'ils trouvaient à la précision de ce trait plus d'inconvénients que d'avantages. Marc donne des chiffres pour la précision de la prophétie : avant que le coq ait chanté deux fois, c'est-à-dire avant que la troisième veille soit achevée, Pierre aura renié Jésus trois fois. Il ne faut pas lui faire dire vaguement que Pierre reniera Jésus plus d'une fois 2, car il y a jeu de mots sur les deux chants et les trois reniements, que l'on retrouvera très distinctement plus loin 3.
Si affirmative et si claire que soit la réponse de Jésus, Pierre ne se croit pas capable de renier son Maître en quelque circonstance que ce soit ; il aimerait mieux mourir avec lui 4. Les autres disciples se joignent à ces protestations de dévouement et de fidélité. A moins que Judas ne fût encore avec eux, tous sont supposés sincères. Jésus ne les contredit pas; il dira tout à l'heure que « l'esprit est prompt, mais que la chair est faible ». Il y a un sentiment qui rend le dévouement sans force, et qui fait taire la fidélité, c'est la peur ; et bientôt, les disciples allaient avoir peur. Ils parlaient de mourir avec leur Maître, sans être encore persuadés qu'il dût mourir : c'est ce que Marc tient à faire entendre, tout en laissant deviner que plusieurs d'entre eux mourront en effet pour le Christ '.
Les deux premiers Evangiles ont placé cette conversation sur le che nin, entre le départ de la maison et l'arrivée à Gethsémani. Luc ne mentionnera le départ que plus loin, et les avertissements qu'il fait donner à Pierre et aux disciples précèdent la sortie du cénacle. 11 n'y a pas lieu néanmoins d'admettre, avec beaucoup d'interprètes anciens, désireux de concilier sur ce point les indications des quatre