‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 520 sur 726 · D, mss. lat. Se. etc · texte numérisé non relu

D, mss. lat. Se. etc

6. Ss. AB etc. Hilaire, De Tria, x, 41 : « Necsane ignoranduma vobis est et in graecis et in lalinis codicibus complurimis vel de adveniente angelo vel de sudore sanguinis nil scriptum reperiri. » Jérôme, Adv. Pel. II : « In quibusdam exemplaribus tam graecis quam latinis invenitur scribente Luca : Apparuit illi angélus etc. » Pas de citations dans Clément d'Alexandrie, Origène, Cyrille de Jérusalem, Grégoire de Nysse.

choqué de voir le Fils de Dieu secouru moralement par un ange, et physiquement anéanti devant la perspective de sa mort1. Que de tels scrupules aient été particulièrement sentis à Alexandrie, et que, l'intérêt de controverse aidant, ils aient abouti à la suppression des versets suspects dans les exemplaires de plusieurs Eglises, et pendant un assez long temps, c'est une hypothèse non moins aisée à admettre que celle d'une interpolation. On peut donc hésiter à trancher ce problème dans un sens ou dans l'autre.

La considération du style et l'emploi d'expressions qui appartiennent en propre à Luc3 rendent peut-être plus probable l'hypothèse de l'authenticité3. Dans ce cas, il conviendrait de supposer que l'évangéliste avait écrit d'abord : « Et se mettant à genoux, il pria, disant : « Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe. » Et il lui apparut un ange du ciel » etc. Les mots : « Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse », auraient été importés dans Luc, d'après Matthieu, par les recenseurs qui ont cru devoir éliminer l'ange et la sueur de sang, et ils seraient entrés, par l'influence de ce texte corrigé, dans la tradition occidentale et dans le texte commun '. L'économie du récit primitif aurait été assez satisfaisante : Jésus est soumis à la volonté de son Père, mais il demande que le calice de mort lui soit épargné. Le narrateur est préoccupé de la suprême épreuve du Christ, et il introduit, soit de lui-même, soit d'après une tradition particulière, l'ange qui réconforte physiquement et moralement le Sauveur ; la prolongation et l'intensité de la prière remplacent et compensent même avantageusement la triple prière et les allées et venues du Christ dans Marc. Le défaut d'équilibre qui peut subsister dans l'ensemble vient de ce que le rédacteur n'a pas réussi à fondre les trois éléments de son récit, à savoir la relation primitive, dont il dépend aussi bien que Marc, celle de Marc, dont il ne laisse pas de s'inspirer, et les données concernant l'ange et la sueur de sang, qui complètent, dans sa pensée, ce qu'il a raconté plus haut de la tentation du Christ. Il ne semble pas qu'on puisse voir5 dans l'apparition de

1. « Potius credendum est a nonnullis id fuisse deletum quam a quoquam adjunctum. » Maldonat, I, 574.

2. Cf. Act. xn, 5 (7ïpoCTîuy ri 81 Y|V È/tevwç yivojj.Évrj) ; ix, 19.

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