‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 537 sur 726 · Cf. Brandt, loc. cit · texte numérisé non relu

Cf. Brandt, loc. cit

ment des Ecritures a été remplacée, sans doute avec intention et pour plus de clarté, par cette autre : « Mais c'est ici votre heure et la puissance des ténèbres *. »

Les termes sont choisis en rapport avec la circonstance ; mais « l'heure » ne signifie pas seulement « la nuit » comme le temps le plus propice aux actions honteuses, et « la puissance des ténèbres» ne désigne pas seulement un pouvoir qui veut s'exercer dans l'obscurité 2. L'heure est le temps que Dieu abandonne à la perversité des hommes, pour la faire servir à l'œuvre du salut. La pensée de la Providence est suffisamment indiquée, et elle ne peut pas être absente de ce passage, qui est substitué, comme équivalent, à l'accomplissement des prophéties ; quant à la « puissance des ténèbres », c'est la puissance du démon, prince des ténèbres 3. En cette nuit, le démon et ses auxiliaires ont la permission d'accomplir leur œuvre d'iniquité, d'où Dieu fera sortir le salut. Il semblerait que Jésus soit resté libre jusqu'à la fin de ce disoours, puisqu'on dit seulement au commencement du paragraphe suivant que les satellites le prirent. On ne parle pas de la fuite des disciples, dont la défection n'a pas été annoncée explicitement.

Ces omissions sont réfléchies et accusent un travail de seconde main. Luc ne veut pas éloigner les disciples, parce qu'il entend les rendre témoins, à Jérusalem, des apparitions du Christ ressuscité '*. Il a bien senti la contradiction mal dissimulée qu'offre le second Evangile, et qui est passée aussi dans Matthieu, entre ce qui est dit de la dispersion des disciples, qui est supposée s'accomplir aussitôt après l'arrestation de Jésus, et ce qu'on lira plus loin de leur présence à Jérusalem le matin de la résurrection '. Il semble que, selon le récit primitif de la passion, les apôtres étaient complètement déconcertés par l'arrestation de leur Maître, et n'avaient rien de plus pressé que de se soustraire eux-mêmes aux poursuites ; Pierre seul suivait Jésus jusque chez le grand prêtre; il n'est pas sûr que les onze fussent encore à Jérusalem le soir de la passion ; du moins ceux qui n'étaient pas encore partis se hâtèrent-ils, après

1. V. 53 b. àXX' auTT) èaxtv 'jijlûv 7) aipa zai s;ouata xoij t/.o'tou;.

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