Holtzniann, B. Weiss, J. Weiss; Feine
Christ? »> 18. Car il savait qu'ils le lui avaient livré par jalousie.
Marc, xv, 11. Et les Matth. xxvh, 19. Et Luc, xxm, 20. Et
chefs des prêtres exci- pendant qu'il était assis Pilate leur parla de tèrent la foule, afin au tribunal, sa femme nouveau, souhaitant qu'il leur accordât plu- lui envoya dire :& Qu'il mettre Jésus en liberté. tôt la liberté de Barab- n'y ait rien entre toi et 21. Et ils crièrent, dibas. 12. Et Pilate, pre- ce juste 1 Car j'ai beau- sant : « Crucifie-le! nant de nouveau la coup souffert aujour- crucifie-le! » 22. Et parole, leur dit : « Que d'hui en songe à cause lui, pour la troisième voulez-vous donc que de lui. » 20. Et les fois, leur dit : « Mais je fasse de celui que chefs des prêtres et quel mal a-t-il fait? » Je vous appelez le roi des les anciens persua- n'ai rien trouvé en lui Juifs? » 13. Et ils dèrent à la foule de qui mérite la mort. Je crièrent de nouveau : demander Barabbas et vais donc, après l'avoir « Crucifie-le!» 14. Et de faire périr Jésus. 21 . fait flageller, le relâ- Pilate, leur dit :« Mais Et le gouverneur, pre- cher. » 23. Et ils inqu'a-t-il fait de mal?» nant la parole, leur dit : sistèrent avec de grands Et ils crièrent plus fort : « Lequel des deux vou- cris, demandant qu'il « Crucifie-le. » 15. Et lez-vous que je vous fût crucifié, et leurs Pilate, voulant satis- mette en liberté? » Et clameurs l'emporfaire le peuple, leur ils dirent : « Barab- tèrent. 24. Et Pilale accorda la liberté de bas! » 22. Pilate leur décida que leur de- Barabbas, et il livra dit : « Que ferai-je mande serait exécutée. Jésus, après l'avoir donc de Jésus qu'on 25. Et il relâcha celui fait flageller, pour qu' 1 appelle Christ? » Ils qui avait été jeté en fût crucifié. dirent tous : « Qu'il prison pour sédition et
soit crucifié! » 23. Et meurtre, qu'ils demanil dit : « Mais quel mal daient, et il livra Jésus a-t-il fait? » Et ils à leur volonté, criaient plus fort, disant : >< Qu'il soit crucifié! » 24. Et Pilate, voyant qu'il ne gagnait rien, mais que le tumulte allait croissant, prit de l'eau et se lava les mains devant la foule, en disant : « Je ne suis pas responsable de ce sang. A vous de voir! » 25. Et tout le peuple répondit en disant : « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants! » 26. Alors il leur accorda la liberté de Barabbas, et, après avoir fait flageller Jésus, il le livra pour qu'il fût crucifié.
Si 1 on suit l'enchaînement des faits tel qu'il est indiqué dans Marc, Pilate, embarrassé du silence de Jésus, et n'osant absoudre ouvertement un accusé qui ne se défend pas, convaincu d'ailleurs qu'il n'a pas affaire à un perturbateur de l'ordre public, aurait l'idée de soustraire le Christ à la mort en faisant réclamer sa grâce par le
peuple. D'après une coutume signalée seulement dans les Evangiles, et sur l'antiquité ou même l'authenticité de laquelle on n'est pas autrement fixé, le peuple obtenait du pouvoir, a chaque fête de pàque, la mise en liberté d'un prisonnier '. Cette coutume aurait été d'origine juive, son rapport avec la pâque n'étant pas une simple coïncidence, et la mise en liberté du prisonnier rappellerait sans doute la délivrance d'Israël, quand le Seigneur le tira delà servitude d'Egypte 2. Il va de soi que nul gouvernement ne se serait laissé arracher par ce moyen la grâce d'ennemis redoutables pour lui, et il était toujours facile de dérober à la faveur du peuple les gens qu'on voulait supprimer. Mais il faut avouer que l'assertion de Marc se présente bien plutôt en forme de légende populaire que de coutume juridique.
En ce temps-là, d'après nos Evangiles, il y avait sous les verrous un nommé Barabbas, qui, avec une troupe de factieux, avait commis un meurtre dans une sédition 3. On ne saurait dire si la sédition causée par Barabbas avait un caractère politique. Il semble plutôt que ce fût une émeute vulgaire, ou un mauvais coup de gens sans aveu. Les indications sont très vagues, sous une apparence de précision 4, comme ce qui a été dit de la coutume dont Barabbas est
1. V. 6. xatà os âopxfjv ircéXuêv aùtoï; ha. 0£i;j.tov ov rap^Touvro (tfAB; texte commun ov7cep, DC ov av tjtoCîvto).