‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 605 sur 726 · xxn, 37, supr. p · texte numérisé non relu

xxn, 37, supr. p

8. Brandt, 215, n'ose pas affirmer que le trait même ait été suggéré par Is. lui, 12 ; Strauss, II, 358, penche pour la négative.

'.». Me. 29. /.al ot -aparoci'jdaîvo'. È(îXa3Ç7J[i.ouv aûrôv xtvouvTe? Ta; y.£«paXà; aÙTwv xai XéyovTsç' oùà 6 xataXâcov tôv vaôv /.x;. o'./.oooawv èv (AD etc. omettent èv) xptàîv >]{jipac; (nAC etc. placent oîxoSopûftv après ïjpiépat;), 30. sâoov reavcôv xatajia; %-'i toj araupou. Mt. 39. ol oï Traoa-. I. a. /.. -. se. a. 40. /.. XéyovTeç "ô xataXutov t. v. /.al èv t. f(. ol/.oooawv, atonov dsauTOV v. uîôç v. toj 6îoj (référence à xxvi, 64 supr. pp. 603-604), Y.xzi^rfi*. xr.o toj OTaupou.

10. V. 8 (LXX). -avre; o'\ Secopouvri; ;j.ï èÇejiuxTTjpsTàv ;j.î, IXâXr;aav vt -/ci'Xsj'.v, èxtvT]ciav xjçxXrJv. Cf. Ps. cix, 25.

détruire le temple, pour le rebâtir en trois jours, et qui se laisse crucifier comme un malfaiteur vulgaire : s'il est le Fils de Dieu, qu'il le montre en se dérobant au supplice !

Les prêtres et les scribes, auxquels Matthieu joint les anciens, comme si la majeure partie du sanhédrin s'était transportée au Golgotha, s'enferment dans une sorte de dignité méprisante, et ne parlent pas à Jésus ; mais ils se moquent de lui entre eux : « Ce sauveur, disent- ils, ne peut se sauver lui-même '. » Ils ne font pas allusion aux miracles de Jésus, comme s'ils n'en contestaient pas entièrement la réalité, mais ils parlent de ses prétentions messianiques, entendues comme œuvre de salut universel, ainsi qu'il résulte de l'ensemble du discours. « Celui qui en a sauvé d'autres » est « le Christ, le roi d'Israël » ; il a prétendu sauver le monde en se donnant pour le Messie. Le moment est bon pour prouver qu'il est ce qu'il a dit : si on le voit se détacher lui-même de la croix, on pourra croire en lui. Et les prêtres se regardent avec le ricanement sinistre de la haine satisfaite : on l'a cloué solidement ; il ne descendra pas de son gibet.

Le premier Evangile ajoute au discours des prêtres un verset du psaume XXII 2, dont il s'abstient naturellement d'indiquer la provenance, puisque les prêtres ne pouvaient pas dire qu'ils accomplissaient une prophétie. La citation du psaume est complétée par la réflexion : « Car il disait : Je suis le Fils de Dieu », où l'on doit voir, ce semble, une réminiscence du livre delà Sagesse 3. On croira difficilement que les prêtres se soient ainsi moqués de Dieu, en même temps que de leur victime, et qu'ils se soient approprié des paroles attribuées par le psalmiste aux impies. Mais l'évangéliste se fait l'interprète de leurs sentiments, et, pour montrer que les

1. Me. 31. ÔU.OÎWÇ y.cd ot àpyiEpEtç èa^ai'Çovxs; xpô; àÀXrjÀou; [AExà twv ypau.u.axÉ'tov EÀeyov" aXXou; è'twtcV, lauxov où Sùvaxai awaai' ô Xpiçxôç 6 paCTtÀeù; 'Iapar]X xaxapàxw vùv àrcô tou axaupoïï, tva ïStofjtev xaî 7:t3X£Ùawtj.Ev. Paraphrase du v. 30. Mt. 41. ôijloi'wç ot àpyupsï; è[x^atÇovx£ç fjuxà twv ypa[jLjj.axicov xat 7ïp£ff[3ux£poJv (D, Ss. « les pharisiens ») IXrv/ov 42. a. £., k. o. o. gôiaar (3asiXeù; 'IaparJX èaxiv, xaxajîaxw v. à. x. a. xat 7itaxsûjo|j.£v i^' aùxo'v.

2. V. 9. (LXX). 7j'Xnta£v èîcï xûptov, puaâaOw aùxo'v awaaxto aùxo'v, oxt Oe'Xei aùxo'v. Mt. 43. 7xiroi6£v èrtt xôv 6eo'v, puaotaGw vuv a OéXei aùxov *£t~£v yàp oxt Otou eîpii utdî (nouvelle référence à xxvi, 64).

AU GOLGOTIIA 671

membres du sanhédrin sont les impies désignés par la prophétie, il leur fait tenir le même langage.

Pour peu qu'on se donne la peine de réfléchir sur les circonstances de la passion, l'on comprendra que les paroles des passants et des prêtres n'ont pu être rapportées qu'en substance, et que la forme des discours appartient nécessairement aux évangélistes. Mais il y a lieu de faire une différence entre les paroles qui sont attribuées au peuple, et celles qui sont attribuées aux prêtres. Ces derniers ne font que reprendre le thème du discours précédent, ils le développent conformément à l'idée que les premiers chrétiens se faisaient du « Sauveur » et de la « foi » en lui, non à celle qu'ils pouvaient avoir de Jésus d'après sa prédication ; leur discours se présente comme un travail de réflexion sur celui du peuple et sur le titre de la croix ; leur intervention collective en pareil lieu est de toute invraisemblance ; elle vient en surcharge par rapport à ce qui est dit du peuple, et elle a été visiblement conçue par le même rédacteur que le procès devant Caïphe '.

Marc, xv, 32. Et Matth. xxvn, 44. Et Luc, xxin, 39. Et l'un ceux qui avaient été les mêmes insultes lui des malfaiteurs crucicrucifiés avec lui lin- étaient aussi adressées fiés l'injuriait : « N'essultaient aussi. par les voleurs qui tu pas le Christ ?

étaient crucifiés avec Sauve-toi toi-même et lui. nous aussi ! » 40. Et

l'autre, prenant la parole (et) le réprimandant, dit : « Tu ne crains donc pas Dieu, toi qui subis le même supplice. 41. Quant à nous, c'est justice, car nous recevons le châtiment que nous avons mérité. Mais lui n'a rien fait de mal. » 42. Et il dit : « Jésus, souviens- toi de moi, quand tu seras venu dans ta royauté. » 43. Et il lui dit : « Je te (le) dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis. »

Marc conclut en disant que les voleurs insultaient aussi Jésus 2. Le premier Evangile dit de plus que leurs propos injurieux étaient

1. Cf. Wellhausen, Me. 139. J. Weiss, AE. 336, regarde, au contraire, les vv. 31-32 a comme primitifs, et allègue contre les vv. 20-30 l'indétermination du sujet (cf. p. 669, n. 9). Mais ne doit-on pas s'attendre à trouver au Golgotha des « passants » plutôt que tous les sanhédristes ? Pour la surcharge, noter la reprise ôjAot'w^ /.ai, v. 31 (p. 670, n. 1).

2. V. 33 b. xaî oi TJVcaTa'jp<.ouÉvo'. aùv aÙT'o r'wst'oiÇov aùxdv. Cf. Ps. xxn, 7. Èyw oé ■cÎjjl'.... ovsioo; àv6po)7:o-j /.al iÇouoivr^a Xaou.

les mêmes que ceux des prêtres et des passants '. Les deux évangélistes ne font pas de distinction entre les voleurs, et ils ne parlent pas du bon larron. Cette omission n'est guère explicable, principalement de la part de Marc, que si celui-ci, et après lui le rédacteur du premier Evangile ont ignoré les détails racontés par Luc 2.

Dès le départ pour le Golgotha, le troisième Evangile mentionne la présence des deux malfaiteurs qui doivent être crucifiés avec Jésus. Il n'est pas question du vin aromatisé qu'on offrit aux condamnés avant l'exécution. Le Calvaire est désigné par son nom grec, et le nom araméen, Golgotha, n'est pas indiqué :H. Avant de raconter le partage des vêtements, l'évangéliste rapporte une prière de Jésus pour ses bourreaux, ou plutôt pour tous ceux qui ont contribué à sa mort; car ils ne s'agit pas seulement des soldats,, simples exécuteurs, dont la responsabilité est à peine en cause. « Père, dit Jésus, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font 4. » Luc a évité de dire que les soldats ont crucifié Jésus; il semble donc vouloir les excuser autant que Pilate, puisqu'il ne parle pas d'eux. La prière du Sauveur se rapporte aux Juifs, tant au peuple qu'à ses chefs, qui semblent être, dans le récit évangélique> les auteurs du crucifiement ■'.

L'authenticité de ce verset n'est pas tout à fait certaine. Quelques, anciens témoins, orientaux et occidentaux li, ne l'ont pas. On a

1. V. 44. tô 8è auto (par cette addition Matthieu rattache aux injures des. prêtres celles des voleurs, qui, dans Marc t'ont plutôt suite à celles du peuple> abstraction faite de Me. 31-32 a) /.où ol Xt^toc! ol auvTuaupwQsvTs; aùv avToi o>vt(8i£ov auTov .

2. On dit que Marc a pu les ignorer, et Matthieu les omettre; que ni l'un ni l'autre ne disent quêtes deux voleurs aient insulté Jésus; que Matthieu a pu ne s'intéresser pas plus à la conversion du bon larron qu'à l'histoire de la femme adultère, ou à la parabole du Fils pi'odigue ; qu'il a voulu montrer Jésus abandonné et injurié, ce qui lui a fait négliger un détail d'un autre ordre, etc., etc. Cf. Schanz, Mt. 548 ; Me. 408. Beaucoup d'anciens ont pensé que l'un dea voleurs avait commencé par insulter Jésus avec l'autre, et qu'il s'était converti ensuite. Cf. Maldonat, I, 619.

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