‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 649 sur 726 · Cf. xiv · texte numérisé non relu

Cf. xiv

4. V. G. ô os Àsys'. aj-x?ç '[iij Èx0au.S;ï<j6s ' Irijouv Çtjtsïts tov NaÇotpîjvôv tov èaraupwjisvov r(yip6r,, ou/. stu'.v o>ov Vos ô -or.o; orcou sôïjxav aùrov T. àÀÀi ujïàysTS sl'roxxe toï; [xaOïixaïs aùxoà xai ;w LTsTpw ar. npodrye*. I), îoVJ Kpodyta ; lat. k, « praecedo ») 6;j.i; a; TV TaX'.Xaiav •sxst aùtov (D, A-, as) oij/saôê, /.a9o>; sïray I D, sl'pïjxa; k, « vobis dixi » ; d'autres mss. lat. ont également « dixi », sans doute par influence de Mr. 7) ujjLtv.

ii. \ . H. ■/.%'. i;ùJ)o\)ix'. ïç'jyov àwtà toj u.VTju.£tpu, s './£>.< y*p xÙtx; t>ojao; xa*. exTcaacç, xai ouSevt oùSsv eîjiov ifo^oûvco yào. Ss. lit seulement : « Et ayant entendu cela, elles sortirent et s'en allèrent, et elles ne dirent rien à personne, car elles étaient effrayées. »

se réfère à une promesse que Jésus a faite à ses disciples avant de mourir. Ce ne peut-être que la parole insérée dans l'avertissement donné par le Christ à ses disciples après le festin eucharistique 1 : « Mais quand je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée. » Or cette annonce, on l'a vu, n'appartient pas à la source de Marc ; elle a été insérée par l'évangéliste en vue de préparer le discours de l'ange, comme le discours de l'ange est destiné, soit à préparer le récit d'une apparition galiléenne, soit plutôt à faire droit à la tradition concernant les apparitions du Christ en Galilée.

On admet volontiers 2 que le discours de l'ange et son apparition, l'un étant la raison d'être de l'autre, appartiennent à la catégorie des inventions merveilleuses, et qu'ils servent d'ornements légendaires à de simples faits, qui seraient la découverte du tombeau vide par les femmes, le départ des disciples pour la Galilée postérieurement à cette découverte, l'apparition ou les apparitions du Christ à Pierre et aux apôtres revenus en Galilée : les femmes auraient quitté Jérusalem avec Pierre et les autres disciples, sans leur communiquer l'étrange découverte qu'elles avaient faite ; lorsqu'elles se décidèrent à parler, la troupe était déjà loin de Jérusalem, peut-être arrivée en Galilée; ce qu'elles racontèrent n'aurait pas manqué d'impressionner les disciples, soit qu'elles aient attendu les apparitions pour dire leur secret, soient qu'elles l'aient raconté auparavant.

Ni l'ordonnance du récit de Marc, ni son rapport [avec certaines données de la tradition primitive ne permettent d'attribuer beaucoup de probabilité à cette hypothèse. Pris en lui-même, le récit, pour être d'un merveilleux facile, et bien qu'il contienne des traits invraisemblables, ne laisse pas d'être homogène. Les femmes

i. Me. xiv, 28; supr. p. 548.

2. Voir par ex., B. Weiss, Mk. 244, et surtout IIoltzmann, 105, 182. D'après ce dernier, les femmes n'auraient pas été effrayées par l'apparition de l'ange, mais consternées par la disparition du cadavre. Pourquoi ce sentiment les aurait-il empêchées de parler ? Il paraît inutile de discuter ici les diverses hvpothèses concernant l'enlèvement du corps, soit par Joseph d'Arimathée conjecture de Scholten, jugée probable par IIoltzmann, 105), soit par le propriétaire du tombeau (Renan, Les Apôtres, 42), soit par les ordres du sanhédrin (Schenkel, ap. Brandt, 436; A. Réville, II, 461-463), soit par Marie de Béthanie (Renan, loc. cit.), soit par les apôtres eux-mêmes (Reimarus, Mensinga, .'</>. Biiandt, loc. cit. .

viennent pour embaumer le corps de Jésus : c'est, ou bien qu'elles sont supposées n'avoir pas entendu les prophéties de la résurrection, ou ne les avoir pas mieux comprises que les apôtres J, ou bien que le narrateur lui-même ne pense pas à ces prophéties, qui n'ont peut-être pas été rédigées par lui '-' ; l'indication du premier jour de la semaine, jour du soleil, et l'idée que la résurrection s'est produite au lever de cet astre, qu'elle vient de se produire au moment où les femmes, arrivent, « quand le soleil venait de se lever », n'est pas sans signification pour l'historien des religions, attendu que, personne n'ayant vu le Christ sortir du tombeau, on ne peut pas savoir s'il a attendu au dimanche matin pour en sortir, et pourtant Marc le croit, et l'Eglise l'enseigne 3 ; l'incident de l'ange et son discours ne sont pas introduits dans un récit qui les aurait d'abord ignorés, ils font corps avec tout le reste, ils constituent le point central et culminant du récit, où l'on ne dit pas que les femmes aient constaté par elles-mêmes que le corps avait disparu, mais où l'ange lui-même le leur fait remarquer, en leur déclarant que Jésus est ressuscité ; la fuite éperdue des femmes et leur silence peuvent n'être pas des traits bien vraisemblables, mais ils le sont beaucoup plus eu égard à leur contexte que par rapport à l'hypothèse du tombeau trouvé vide, sans l'apparition angélique, vu que, dans ce cas, il y avait place pour de l'étonnement, sans frayeur, et nul motif de se taire, tandis que la terreur des femmes s'explique par l'apparition céleste et la nécessité de trouver un motif à leur silence ; la meilleure explication de ce silence est celle des critiques qui l'interprètent de la même façon que le silence imposé aux témoins de la transfiguration 4 ; Marc laisse deviner par là que ce qu'il raconte n'appartient pas aux souvenirs primitifs concernant la résurrection 5, et que la foi au Christ ressuscité ne doit rien a la découverte du

Page 1