‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 657 sur 726 · ivr[j9r)TS wç èXaXr(aîv \>[xvi ïxi wv âv zft raX-.Xa-'a · texte numérisé non relu

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L'embarras d'une certaine exégèse, en présence d'un cas si difficile, se traduit généralement parle silence !. Ce cas pourtant n'est point inexplicable, si Ton tient compte de la liberté coutumière aux évangélistes. Luc, probablement après d'autres, et guidé par quelqu'une de ses sources, veut localiser à Jérusalem toutes les manifestations de Jésus ressuscité. C'est pourquoi les apôtres n'iront pas en Galilée. Il n'est pas question de la promesse que Jésus aurait faite à ses disciples de les précéder en Galilée, promesse dont on a vu que Luc ne sait rien ou ne veut rien savoir : lange invoque les prophéties que Jésus à faites en Galilée au sujet de sa mort et de sa résurrection. De part et d'autre, il y a un argument fondé sur les prévisions du Sauveur ; mais la matière de l'argument est changée. Le mot de Galilée demeure, dans le troisième Evangile, comme un témoin de la substitution 2. Une telle liberté à l'égard des textes et des traditions montre suffisamment que les évangélistes ont toujours subordonné l'exactitude en matière de fait à l'idée qu'ils voulaient inculquer.

La substitution de Jérusalem à la Galilée, comme théâtre des apparitions, n'a pu résulter que d'un travail de la tradition chrétienne sur la donnée primitive. Le point de départ des deux représentations est visiblement identique, et il est clair pareillement qu'elles ne sont pas indépendantes l'une de l'autre. Mais ce n'est pas la iorme galiléenne qui dépend de la forme hiérosolymitaine : au point de vue de la critique littéraire, il paraît certain que ni Marc ni Matthieu ne dépendent de Luc, et que Luc dépend de Marc ; au point de vue historique, il est inconcevable que la forme galiléenne soit postérieure à la forme hiérosolymitaine. Dans les rédactions évangéliques, les deux sont dominées par la préoccupation d'assurer au fait de la résurrection le maximum de garanties qu'il peut comporter. Or on n'imagine pas que, si les apôtres ont affirmé dès l'abord que les apparitions avaient eu lieu à Jérusalem le surlendemain de la passion, l'on ait eu ensuite l'idée d'éliminer cette donnée capitale, en racontant que les premières apparitions n'avaient eu lieu qu'en

1. Cf. Le Camus, III, 423, où l'on fait un seul discours avec les paroles angéliques de Marc, de Matthieu et de Luc, et Schanz, Lk. 555, qui explique fort bien Le. 6, par les intentions de l'évangéliste, mais en s'abstenant de dire que la perspective de celui-ci exclut celle de Marc-Matthieu.

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