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LE RESSUSCITÉ "(il)
tome1. Ils se demandent si c'est bien Jésus, ou un esprit revenu des enfers avec la seule apparence d'un corps. Le Sauveur prend la parole pour dissiper leurs doutes ; afin de prouver son identité, il les invite à regarder ses mains et ses pieds, où se trouve encore la marque des clous2 qui ont servi à le crucifier; et pour montrer queson corps est réel, il les invite à le toucher : « Un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'en ais ». Le corps de Jésus est donc consistant, bien qu'il puisse pénétrer à travers d'autres corps, tels que les murs et la porte d'une maison. La plupart des témoins ajoutent encore à cet endroit : « Et ce disant, il leur montra ses mains et ses pieds ' ». passage qui semble à la fois emprunté et imité de Jean ■'■ : « Et ce disant il leur montra ses mains et son coté. »
1. V. 37. r.~orfii'/-i; X, ç/jr/JivTi: ; B, 9ooï]0iv~;ç ô= /.al i;j.ç'/;or. Yîvôu.evot £3ôxq*jv -v£j;xx i D, Marcion, cpavTaafia) Oswpsîv.
2. Sur le crucifiement, [voir supr. pp. 658, ( "> » » 4 . Des cordes auraient pu laisser leur marque (Holtzmann, t23) ; mais Jn. xx, 25, veut des clous pour les mains, et Luc n'a pas dû songer à d'autres marques pour les pieds.
3. V: 38. /.ai éîîtsv aÙTOÎç" rt TSTapaypiivot lazi, v.?\ Stà ~i HiaXoyiapxil avafîaîvouatv iv T/j xapSîx &ac3v ; 39. Voît; :x; yeîpa? aoj /.ai touç no'oa; acrj, OTt lyto v.\xi aoTôV iï)Xaç7Î<iaT:£ a; D, mss. la t. Vg. Ss. Se. om. ;j.s /.ai I'oste (Ss. amène seulement ici : ott IyùS sia; aùxdç) oxt -vjCiaa aap/.a /.ai orréa (D ojtx oùx Ë/a /.ai aap/.a; ; Marcion omettait la mention de la chair) xaOw; i'ù SewpïÏTe D PXÉtîête) eyovTa. Cf. [gnace, Smym. ni, 1. Èyri) yàp /.ai uîTa 7r(v avaaTaatv sv aap/.i auxov oioa /.ai —'.aTî'jo) ovtcc. 3. /.ai ots -po: toj; nspî Ilirpov 7)À6£v, k'çï] aùxoïç* À.âpsT6, tj/YiXacpTfaaTÉ ;j.î /.ai l'Ssxe, oxt où/, aai 8at[jLovtov iarôuxTov. /.ai îùOjç aÙTOÙ f/iavTO /.ai Èjtîffreoaav, xpaôsvTSç
ttj 7ap/.i ajTOj /.ai Tfo nvEuaaTt 3. '-uxi oè tï)v avxaTaatv d'jvsçaYSV auTOiç xat auvs-
nir/ w; aapxt/.dç, /.ai~îp n/;'jaïTL/.w; Jjvouivoç îw îraTpt. S. JÉRÔME, De viris, 16, attribue cette citation à VÉv. des Hébreux. Origëne la lisait dans le Gérygme de Pierre, De princ. prooeni. 8 : « Si vero quis velit nobis proferre ex illo libello qui Pétri doctrina appellatur, ubi Salvator videtur ad discipulos dicere : « Non sum daemonium incorporeum », primo respondendum », etc. Eusèbe
Hist. eccl. ni. 36, 11) dit ne pas savoir d'où vient la citation d'Ignace. Il parait certain que le mot principal : « esprit sans corps », était dans VEv. des Hébreux, mais non qu'Ignace dépende de cet apocryphe. De l'ensemble du passage cité il résulte qu'Ignace dépend d'une source apparentée à Le. 36-43, que cette source soit VÉv. des Hébreux, le Cérygme de Pierre, ou quelque document analogue, plus ancien peut-être, dont les apocryphes et Luc lui-môme pourraient aussi dépendre.
ï. Y. 40, omis dans D, mss. lat. Ss. Se. 5. xx, 20.
A. Loisv. — Les Evangiles synoptiques, II. î'J
Cependant les disciples doutent encore, n'osant s'abandonner à leur joie, et se défiant du miracle. Pour mettre fin a leur incertitude, le Sauveur demande s'il y a quelque chose à manger; on apporte un morceau de poisson rôti, et il le mange devant eux1. Beaucoup de témoins, mais non les plus anciens, joignent au morceau de poisson un rayon de miel2; quelques-uns même disent encore que le Sauveur, après avoir mangé, « donna les restes » aux disciples 3. Ce dernier trait est certainement interpolé, non peut-être sans quelque influence du quatrième Evangile 4, où l'on voit Jésus ressuscité distribuer à ses disciples « le pain et le poisson ».
Le miel a dû être ajouté après coup, dans quelque intention symbolique, plutôt que d'après une véritable tradition. Peut-être n'estil pas hors de propos de rappeler que le miel avait sa place dans l'ancienne liturgie du baptême. Dès le temps de Tertullien, on présentait du miel au baptisé qui venait de ressusciter en Jésus-Christ a une vie nouvelle ■'. Le symbolisme du poisson est connu d'ailleurs. L'association du miel au poisson dans le texte de Luc pourrait être expliquée par là.
Il est k remarquer que le quatrième Evangile 6 fait poser la question : <( Avez- vous quelque chose à manger? », à l'intention des disciples, près du lac de Tibériade, avant la pêche miraculeuse ; lorsque les disciples arrivent à terre, ils trouvent un brasier tout allumé, avec un poisson dessus, et du pain pour le repas. Jésus luimême les invite à manger et leur distribue le pain et le poisson. Bien qu'on ait pu manger du poisson rôti à Jérusalem, il est encore plus naturel d'en trouver près du lac de Tibériade ; et comme Luc a ramassé tant de choses dans cette soirée de la résurrection, il
1. V. 41. ext oè à-'.JTO'jvT'Dv aù~â>v xr.h ~r{c, yaoà; (A, mss. lat. Vg-. lisent sucô t. y. après 6aj;xaÇovtojv, et il pourrait y avoir là une glose) /.ai Oau;j.a£o'vTwv, v.r.zv au toi; (D, mss. lat. Vg. ora. aj-oï;)* k'ysTÉ Tt Ppoidtixov IvOâoé ; 42. ot SI ènéScoxav a'jt'o îyôjo; Ô"oj aipo;' 43. »c*i Xajîwv èvwji'.ov aùxwv eçaysv.
2. On lit dans la plupart des mss., à la fin du v. 42, xai àrô [AsXtaaîou y.r\ç,;.ov ; mss. lat. Se. Vg. : « et favum mellis ». Cf. Justin (?), De resur. fr. 9, cit. I, 42, n.2.
3. KII. 43 /j./.aÎTà ÏKikoiitcL soWsv xjtoï;. Lat. e, Vg. (Se.) : « sumens reliquias dédit eis ».