Holtzmann,B. Weiss, Jiïlicher, Schanz, etc
2. L'appel à Me. vu, 15-23 ne prouve rien, car Jésus ne vise pas en cet endroit les prescriptions lévitiques [cf. I, 958-960). Il paraît bien téméraire de restituer la parole authentique du Sauveur : « Ayez du sel en vous-mêmes, car toute victime doit être salée » i Holtzmann, 156 . Cette allusion subtile au Lévitique est peu conforme à l'esprit de Jésus, et la formule : « ayez du sel en vous-mêmes », s'annonce comme une glose sur la comparaison du sel.
visé plutôt la crise finale 'du monde, l'espèce de conflagration où resteront les pécheurs, et que les justes traverseront comme une dernière épreuve purifiante 1 ? On pourrait comparer le baptême de feu dont parle Jean-Baptiste 2. Cette idée ne venant que pour la transition, le verbe « saler » serait employé surtout à cause de la sentence du sel, qu'il appellerait sans la préparer. Tout le monde sentira l'action du feu; mais les justes ne l'éprouveront que passagèrement; un autre genre de salaison leur convient; qu'ils soient salés en charité, qu'ils ne laissent pas ce sel divin s'affadir en eux. La conclusion du discours, où l'on recommande l'union, se trouve ainsi en rapport avec le commencement, où il a été question d'une querelle ; mais le procédé littéraire de l'évangéliste est plus facile à expliquer si la leçon s'adresse aux chrétiens de son temps.
Ainsi toute cette section de Marc présente le caractère d'une compilation artificielle et maladroite. On ne peut prouver par de tels passages que Marc soit primitif par rapport au recueil de discours qu'ont exploité Matthieu et Luc :i.