B. Weiss, loc. cil
Luc, x, 38-42.
Après avoir montré par trois exemples les obligations qui s'imposent à ceux qui veulent être disciples de Jésus ', Luc a introduit la mission des soixante-douze disciples, avec un discours concernant l'apostolat 2. Cette mission des Soixante-douze fait double emploi, d'un côté, avec la mission des Douze, de l'autre, avec celle des disciples que Jésus envoie devant lui en fourriers quand il se rend à Jérusalem. Comme on l'a vu, l'évangéliste paraît avoir voulu développer ainsi l'idée qu'il attachait au passage de Jésus en Samarie, et figurer les succès de l'Évangile chez les Gentils. La même préoccupation explique sans doute aussi l'insertion de la parabole du Samaritain, qui a amené avec elle la question du scribe touchant le grand précepte 3. Combinaisons secondaires, qui doivent appartenir à la rédaction du troisième Evangile ou à ses sources immédiates.
Dans le contexte qui lui est donné, l'histoire de Jésus chez Marthe paraît accuser l'intention de faire valoir, après le précepte de la charité envers le prochain, le devoir d'écouter le Christ, la nécessité de la foi, qui est amour de Dieu. Mais si le souci d'instruction morale n'est pas à écarter, il ne doit pas être le seul ni le principal. C'est surtout pour le Samaritain que la leçon de la charité a été introduite après la mission des Soixante-douze : le Samaritain représente le parfait chrétien et le chrétien de la gentilité. Une arrière-pensée analogue a pu présider à la rédaction de l'anecdote que Luc met après la parabole, les deux sœurs figurant les deux fractions de l'Eglise primitive, le judéochristianisme et rhellénochristianisme, selon leur caractère et dans leur rapport mutuel, qui sont loin d'en faire deux partis ennemis. Il importe peu que le service de Marthe