‹ Les Évangiles synoptiques (volume 4)Chapitre 123 sur 733 · HÉRODE · texte numérisé non relu

HÉRODE

Ainsi donc, Jésus ne craint pas Hérode, et la malveillance du tétrarque ne prévaudra pas contre la volonté divine ; néanmoins il partira comme on le demande, parce que la mort dont Hérode le menace, et qui doit couronner sa carrière terrestre, ne peut Tatteindre convenablement qu'à Jérusalem : c'est là qu'on tue les prophètes *. 11 y a dans ces paroles, sous une apparence d'exagération, une profonde ironie tant à l'égard d'Hérode qu'à l'égard de la ville qui s'est fait comme une spécialité de faire périr les envoyés de Dieu. Inutile qu' Hérode s'en mêle à présent, puisque Jérusalem a le monopole de ces crimes. Les livres de l'Ancien Testament en font connaître un certain nombre 2, et la légende en ajoutait beaucoup d'autres ^. Les trois jours de marche, qu'on ne doit pas non plus interpréter à la rigueur, comme s'ils contenaient une indication chronologique, se confondent avec les trois jours d'activité : la mort qui attend Jésus au bout de son voyage marque aussi la fin de son ministère. Cette répétition des trois jours semble presque ime explication de ce qui précède; elle parait avoir été ajoutée pour situer Tanecdote dans le voyage de Jésus, et préparer la prophétie menaçante qui est amenée ensuite^.

Suit l'apostrophe à Jérusalem, meurtrière des prophètes, qu'une association d'idées assez naturelle fait introduire en cet endroit, mais qui est beaucoup mieux placée dans Matthieu ^, pendant le séjour de Jésus à Jérusalem. Elle sert ici à expliquer la réprobation des Juifs, et fait pendant à la prophétie menaçante qu'Amos ^ donne en réponse au prêtre de Béthel. Cette apostrophe vient d'une source commimeà Luc et à Matthieu, mais qui n'est probablement

moyen : « j*arrive au terme » (B. Weiss, loc, cil,), inusité dans le Nouveau Testament. La distinction entre le terme de Tactivité et la mort serait purement logique, et Tidée de la mort est suggérée maintenant par le v. 33. Mais ce ▼. apnartient-il à la même couche rédactionnelle que l'assertion du v. 32 ?

1. V. 33. îiXriv htl [U 77[{i.cpov xal aîpiov xai TfJ C)ç^o(i6vï) 7cop6Ùw6ai, on oux h^éy(îxoii npofT^ir\v àTZoXMcti IÇa> 'lepou^aXiJp..

2. II Rois, xxi, 11-16; Jér. xxvi, 20-23; II Chron. xxiv, 20-22.

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