‹ Les Évangiles synoptiques (volume 4)Chapitre 139 sur 733 · JÛLICHBR, II · texte numérisé non relu

JÛLICHBR, II

142 LES ÉVANGIIJBS SYNOPTIQUES

mules : « au ciel » et « devant les anges de Dieu ^ » sont des euphémismes théologiques. Dans Tapplication de la parabole on ne parle pas des justes, parce que les drachmes ne s'adaptaient pas comme les brebis à ce côté de la comparaison ^.

La parabole des Brebis se trouve, dans le premier Évangile, adaptée au thème général du discours sur le scandale des petits. Il faut éviter de scandaliser le dernier des Gdèles, parce que Dieu attache un prix inestimable aux âmes les plus humbles. On n'a pas assez d'attention au mal qu'on leur fait par mauvais exemple ou autrement ; cependant leurs anges gardiens sont ceux qui, dans le ciel, sont les plus rapprochés du trône de Dieu ; ils appartiennent à l'entourage immédiat du Seigneur. On jugera de Testime où Dieu les tient, par la place d'honneur qui est attribuée aux esprits qu'il commet à leur garde. De même que les « Fils de Dieu », dans le prologue du livre de Job, les anges sont censés debout à Tentour du trône où rÉternel est assis. « Ils voient la face de Dieu », c'està-dire qu'ils ont libre accès auprès de lui, tout comme les grands officiers du palais, dans le style de l'Ancien Testament, sont dits « voir la face du roi ^ ». Pareil à un homme qui a cent brebis, et qui, venant à en perdre une, se met à sa recherche avec ardeur, jusqu'à ce qu'il ait la joie de la retrouver, le Père céleste ne veut pas qu'un seul petit vienne à périr. Non seulement il ne faut pas scandaliser les enfants et les simples ; mais si on les voit en danger de se perdre, il faut s'efforcer de les ramener dans la bonne voie.

1. V. 7. x.*P^ ^^ "^^i^ oupavtp. V. 10. /«p* Ivcoriov kov àyyiXtoy tou OtoCf. Dans la seconde locution, Ivtiîîiov ne paraît pas être, du moins originairement, synonyme de àvà (xéiov (JiiLicHBR, loc, ci7.), mais substitué intentionnellement aux propositions marquant un rapport direct. L'équivalent des formules de Luc est dans Mt. xviii, 14 : l|jL7:po<ï6£v tou Jiaipôç G|X(Sv tou ev oupavotç. L'idée primitive est donc : « il y a plus de joie pour Dieu » ; mais le respect religieux invitait à dire « devant Dieu », et même à éviter le nom divin. Il est p>ossible que Jésus ait dit : « devant les Cieux ». La formule serait conservée, mais inexactement traduite dans Le. xv, 7 ; elle est glosée dans Mt. xviii, 44. Le. XV, 10 (cf. XII, 8-9) substitue les « anges » à Dieu, en gardant evcantov ; mais, comme Tévangéliste n'avait plus scrupule de nommer Dieu, il dit « les anges de Dieu », au lieu de nommer simplement les anges, ou de dire « les anges au ciel » (Me. xii, 25). Cf. Dalman, I, 161, 172.

2. Selon Julicher, {loc. cit.), c'est parce que neuf ferait une progression descendante après quatre-vingt-dix-neuf.

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