Cf. AcT. viii
Il est infiniment probable, en effet, que Luc et peut-être même déjà Fauteur du document où révangéliste a pris cette histoire, voyaient dans le samaritain reconnaissant la figure des Gentils dociles à la prédication apostolique, et dans les neuf juifs ingrats la figure du judaïsme oublieux des miracles accomplis parle Sauveur, et indocile à sa parole. L'anecdote est comme un doublet allégorique * de la guérison du lépreux qui a été rapportée antérieurement d'après Marc. Néanmoins, si le récit manque d'originalité, il n'est pas entièrement tissu d'invraisemblances. La présence d'un samaritain parmi des juifs peut s'expliquer à la rigueur par la communauté de l'infortune. Bien qu'il ait pu être suggéré par celui des tribus schismatiques 2, le nombre dix n'a pas de signification particulière, puisqu'il se trouve justement que neuf lépreux sur dix représentent le judaïsme orthodoxe. Le rapport symbolique entre la guérison des dix lépreux et celle du syrien Naaman existe dans la pensée de l'évangéliste, mais pourrait s'adapter à un fait réel. L'ordre d'aller trouver les prêtres s'impose ici comme dans la guérison de lépreux qui a été racontée précédemment, et il n'est pas surprenant qu'on le trouve dans les deux endroits. Malgré tout, le caractère secondaire du récit demeure évident. Les dix lépreux doivent être rangés dans la même catégorie que le ressuscité de Nain, et que la femme et l'hydropique guéris le jour du sabbat.