Cf. V, 21-48 ; I
3. Même cas que dans xv, 1-9, relativement à Me. vu, 1-13. Pour la tournure, V. 4, oux àviyvfoTE on, cf. xii, 3, 5 (xxi, 16). Noter eomment ô xxhaç iiz* àpyT)ç, xtX. V. 4, et ir'ipyTjç 8è où YÉyovev oGrwç, v. 8, font écho à Me. 6, ànà 5ê ipyfii xTiffEwç (cf. supr, p. 197, n. 3).
4. V. 10. et o'jToiç latlv ^ aiT^a tou àv6pro;;ou (iiTà ttjç pvaixo';, où au(xç^pkt yajjL^^ai. Wellhausen, Mt, 6, fait remarquer Tanalogie de cette reprise avec XIX, 25, dont elle pourrait être imitée.
taire se trouve donc en rapport avec les additions faites par Tévangéliste dans le morceau précédent. Il ne s'ensuit pas néanmoins que la pensée concernant les trois sortes d'eunuques ait été conçue par Fauteur ', ou librement développée sur un fond traditonnel. Elle offre, jusque dans la forme, le caractère des sentences les plus authentiques ; et elle se comprend mieux encore si Ton suppose qu'elle a été occasionnée par une réflexion des apôtres sur la prohibition absolue du divorce, et que Tévangéliste a modifié légèrement cette réflexion pour la mettre en correspondance avec les changements introduits plus haut. Ce n'est donc pas tout à fait sans raison que beaucoup interprètent le mot « cause », comme si les apôtres avaient dit : « Si telle est la loi qui règle les rapports de l'homme avec la femme, mieux vaut ne pas se marier. »
Ce que les apôtres disent en se plaçant au point de vue, quelque peu égoïste, dune vie exempte de soucis, Jésus l'affirme dans un sens beaucoup plus relevé. Il est bien vrai qu'il vaut mieux ne pas se marier, non pour échapper au risque d'épouser une femme avec laquelle il ne soit pas agréable de passer sa vie, mais afin de pouvoir tourner toutes ses pensées, toute son activité, vers le royaume des cieux qui approche. Ceux qui font ainsi sont des eunuques spirituels et volontaires. Mais peu de gens sont capables de comprendre la haute raison d'une telle conduite, et par conséquent de la suivre ^. A cette heure même, les apôtres ne la comprennent sans doute que difficilement, puisque le Sauveur dit en finissant : « Qui peut comprendre comprenne. ^ » Le mot « eunuque » doit être pris, dans les deux premiers exemples, au sens physique ; dans le troisième, au sens moral. Mais, de même que les deux premières catégories d'individus sont perpétuellement impropres au mariage, la troisième s'en abstient perpétuellement et se fait une loi de la continence, afin de se vouer sans partage aux choses éternelles.
On a voulu reconnaître dans cette déclaration l'influence de Fessénisme ^ ; mais ceux des esséniens qui s abstenaient du mariage le
1. Écrivant dans le même esprit que Paul, I Cor. vu, 25-40, et peut-être sous son influence.
2. V. 11. oii KoivTeç ^(^copouffiv tov Xô-^oy toutov (c'est-à-dire : où Tjiifipti YOtjiTJaai), àXVoîç moxoLi (cf. XIII, 11 ; XX, 23; I Cor. vu, 7, 17).