B. Weiss E. 116. Cf. Mt. xxv, 31-32; I Cor. vi
6. V. 28. iv tfî 7caXiyYsv6<Jt«. Locution propre à Matthieu, sans équivalent sémitique (Dalman I, 145).
subordonnée à leur persévérance, ou mieux encore, que la trahison de Judas n'était pas dans les prévisions de Jésus quand il a prononcé cette parole. Le sens que Matthieu attribue à la réflexion sur les premiers et derniers résulte de celui qu'il donne à la parabole suivante * : pour lui, les premiers qui. deviennent derniers sont les réprouvés, et les derniers qui deviennent premiers sont les élus.
Cette promesse et la forme spéciale qu'elle présente dans Matthieu et dans Luc proviennent incontestablement de la tradition primitive, qui ne connaissait pas de récompense pour le renoncement en ce monde, si ce n'est celle qui doit lui être accordée dans le royaume. La perspective tout à fait prochaine du grand jugement maintenait une certaine confusion entre ce qui est, chez Marc, le bonheur du chrétien dans l'Eglise, et la vie éternelle. Matthieu rentre dans l'esprit de l'Evangile en les réunissant et en associant « la vie éternelle 2 » à ce qui est, pour Marc, la récompense du chrétien dans le temps. Le commencement du discours transporte la pensée hors du temps présent, et il n'y avait pas lieu d'y revenir. C'est parce que les justes seront admis à la vie éternelle qu'ils recevront beaucoup plus qu'ils n'ont quitté. La conception du royaume des cieux n'exclut pas Tidée des joies sensibles, puisque le royaume est comparé à un festin, et que, dans le passage parallèle de Luc, Jésus dit aux apôtres qu'ils mangeront et boiront à sa table. On pourrait donc, à la rigueur, parler aussi de champs et de maisons. Mais ce trait est dû à l'influence de Marc.
Le second Évangile rapporte seulement la promesse générale faite à ceux qui auront tout quitté pour Jésus, parce que la forme de la promesse particulière adressée aux apôtres pouvait donner lieu à certaines difficultés d'interprétation, et avait une couleur judaïsante, qui ne s'accordait pas avec la tendance paulinienne du rédacteur. Le retardement de la parousie a occasionné une sorte de dédoublement dans la promesse générale: Marc et Luc après lui en indiquent l'accomplissement partiel dans l'Eglise, ou le royaume