Mt
2. Luc a pu pensenaux « pierres dont Dieu peut faire des enfants d'Abraham ». Cf. III, 7, 8upr, cit.
L'intervention des pharisiens est censée se produire lorsque Jésus est encore assez loin de Jérusalem, en sorte que, dès Béthanie, une assistance simplement curieuse paraît se joindre à la troupe enthousiaste qui accompagne le Sauveur. Un autre trait, beaucoup plus touchant, est rapporté au moment où Jésus, s'approchant de plus en plus de Jérusalem, découvre la ville tout entière. La demande des pharisiens rend témoignage de leur persévérante incrédulité. Les larmes que Jésus verse sur Jérusalem et la douloureuse prophétie qu'il lui adresse montrent que le judaïsme a voulu lui-même et qu'il a mérité la condamnation qui Tavait déjà frappé quand le troisième Évangile fut écrit.
Jésus sait que Jérusalem ne va pas Taccueillir, et il déplore son endurcissement. Il serait temps encore, si Jérusalem voulait reconnaître Tauteur du salut, comme le reconnaissent les disciples. Mais l'incrédulité des pharisiens fait présager l'incrédulité de Jérusalem, les deux figurant l'incrédulité judaïque, qui a causé la ruine de la ville et de la nation. Dans la pensée de Févangéliste, la protestation des pharisiens correspond à celle que les sujets, c'est-à-dire les Juifs, dirigent contre Tavènement de leur roi, au début de la parabole des Mines, et ce que dit Jésus touchant la ruine de Jérusalem, fait pendant à ce qu'on lit, à la fin de la parabole, touchant l'extermination des rebelles. La tradition ou l'évangéliste ont eu visiblement une grande part dans l'arrangement et même dans la conception de ces détails.
Un jour de grâce est donné à Jérusalem, après ceux qu'ont eus les cités galiléennes ; mais Jérusalem n'en profitera pas plus que Gapharnaûm, Corozaïn et Bethsaïde. Son aveuglement volontaire entre dans les plans de la Providence. Elle ne veut pas voir, et Dieu lui cache où est le salut. La conséquence de cette incrédulité sera la destruction complète de la ville coupable. La description du sort qui attend Jérusalem est en partie imitée d'Isaïe et de Marc *, mais avec une précision de trait qui provient assurément de ce que Luc a écrit après l'an 70 2. Ainsi la cité de David sera-t-elle châtiée pour avoir méconnu le temps où Dieu la visitait par son Christ, dans la miséricorde ^. Il la visitera de nouveau pour la punition.