JQlicher, II
3. V. 6. g-i iva c'x^^ï ^^*^^ àifaîtrjTÔv* aTîaaieiXev autôv layatov Tcpoç auiouç. Ss. omet ï^r/axav^ D, 7:poç auxoiiç. Mt. 37, suppose les deux : îÎTrepov 5è àTiéateiXev :ipôç ajToù; tov uiôv autou.
4. Cf. XII, 17-18 ; XVI, 3-4. Inulile de supposer influence d'Is. v,4, oudeMc.9.
5. Me. 6 (Mt. 37). IvTpaTCTJjovtat tov uidv jiou. Le. 13. iJtoç toutov ÊVTpaTUTJaovTai. Ss. et plusieurs mss. lat. supposent également taco; dans Matthieu et dans Marc.
ait Tair d'avoir été surpris pas Tévénement. Le « peut-être » n'introduit d'ailleurs qu'une prévision éventuelle ; mais Tévangéliste ne pouvait aller plus loin sans rendre odieux ce père, qui aurait délibérément envoyé son fils h la mort. Il y a même déjà quelque chose de choquant dans la prévision d'un manque d'égards qui, vu les antécédents, est un danger sérieux pour l'existence du fils. Dans Marc et dans Matthieu, le père semble dépourvu de toute prudence ; dans Luc, il est plus avisé, mais il n'en apparaît que moins soucieux du péril que va courir son fils unique.
La vue du fils suggère aux vignerons un tout autre sentiment que celui du respect. Gomment ce fils d'un père très riche, qui a de nombreux serviteurs, et qui peut se faire justice par lui-même, arrive-t-il tout seul dans la vigne paternelle, pour demander à des vignerons le produit d'une vendange ? La question est de celles qu'on ne doit pas formuler. Le fils arrive seul devant les vignerons, qu'il faut supposer nombreux, puisqu'ils ont pu maltraiter les serviteurs sans que ceux-ci aient résisté. C'était donc ime bien grande vigne que celle de ce propriétaire, pour être louée à un peuple ! Tout s'explique si l'on admet qu'il ne s'agit, en réalité, ni de vigne ni de vignerons. Les locataires conspirent contre le fils, quand ils le voient venir, comme jadis conspirèrent les frères de Joseph, quand il venait à eux de la part de son père K Les vignerons pensent - à tuer l'unique héritier du propriétaire, pour que la vigne soit à eux. Si courte que soit souvent la logique des criminels, celle des vignerons Test au point d'en paraître incroyable. Peuvent-ils s'imaginer que le propriétaire aura perdu ses droits sur sa vigne, parce qu'il aura perdu son fils? Le projet des vignerons est aussi significatif au point de vue de l'allégorie qu'il est absurde au point de vue réel. Ceux qui ont livré Jésus à la mort pensaient s'assurer à eux-mêmes, à eux seuls, la propriété du salut révélé dans la Loi, en excluant ceux que Jésus appelait ; ils voulaient confisquer à leur profit l'héritage du Père céleste. Ainsi du moins l'entendent les évangélistes, et ce trait capital de la parabole n'a de sens, comme tout le reste, que si on le prend en allégorie.