‹ Les Évangiles synoptiques (volume 4)Chapitre 3 sur 733 · B. Weiss, E · texte numérisé non relu

B. Weiss, E

dans une autre circonstance, lorsque le tétrarque Hérode entend parler des miracles de Jé&as. Il est probable que Marc les reproduit ici, parce que sa rédaction est supportée par un document antérieur, Téquilibre du présent récit ayant été originairement fondé sur le contraste entre les erreurs du peuple et la vérité proclamée par Simon-Pierre, et sur le jeu de la double question. La répétition a été faite dans Tautre passage, pour introduire le récit de la mort de Jean-Baptiste, épisode étranger à l'Évangile et à la rédaction première des souvenirs évangéliques ^ Matthieu cite Jérémie comme identifié par conjecture à Jésus, de la même façon qu'Elie. Les plus merveilleuses légendes s'étaient rattachées k son nom : c'est lui qui avait caché Tarche dans une caverne du mont Nébo,. lorsque Jérusalem fut détruite parNabuchodonosor *2. Il était naturel qu'on lui attribuât un rôle dans l'avènement du royaume céleste.

Jésus ne s'arrête pas à combattre des idées extravagantes qu'il sait n'être point partagées par ses disciples. Il leur demande ce qu'ils pensent eux-mêmes ; et Pierre, au nom de tous, répond : « Tu es le Christ. » Dans Marc •^, il ne dit rien de plus, et les formes plus développées de la réponse, dans Matthieu et dans Luc, ont chance de n'être pas primitives. Lucdit : « le Christ de Dieu ^ »,. ce qui peut être une explication pour ses lecteurs, mais n'est pas une formule usuelle ^. Matthieu commente le titre de « Christ » par celui de « Fils du Dieu vivant ^ ». L'addition a l'avantage de faire ressortir la double nature du Sauveur, Fils de Dieu comme il est Fils de l'homme, et de donner à l'assertion toute la solennité qui convient avant que Jésus exalte Simon lui-même. Il fallait que Jésus fût dij^nement loué d'abord, pour ne pas sembler éclipsé par

1. Me, VI, 14-15; Le. ix, 7-8; I, 917-920. Noter, dans Me. 29, l'expression : Tov j3a;:TtaTv/. Ordinairement i, 4; vi, 14, 24; mais, 25, tou pa;îTiaTOu) Marc écrit 6 j^SanTÎ^cov.

2. II Mach. u, 1-12; cf. XV, 13-16. Me. 28. v.ç Tôiv ^rpoçTjTOiv, et Mt. 14. iva t. -. pourraient signifier (( un prophète », non un ancien prophète ressuscité, comme Tenlend Le. 19 (VVellhausen, Mt, 83). Cf. Me, a'i, 15; I, 920. Ss. omet la fin de Le. 29 : àXXoi 8è oti Tipoçrlrr); xtX.

Page 1