Cf. Mt. 14, et xxviii
la fin arrivera lorsque TÉvang'ile aura été prêché partout. La main du rédacteur se reconnaît dans tout ce développement, et Fexpérience de l'histoire s'accuse dans certains détails. Ainsi Tévangéliste, en écrivant : « On vous tuera, et vous serez haïs de toutes les nations », a dû songer à la persécution de Néron. Dans la source, il s'agissait de la haine des Juifs pour les premiers fidèles du Christ. Pareillement, les divisions de famille, signalées dans la source et dans Marc, qui sont provoquées par les conversions individuelles, font place aux divisions entre chrétiens. Les faux prophètes dont il est ici question, et qui ont l'air de faire double emploi avec les faux Christs dont il a été parlé d'abord, sont probablement les hérétiques du temps, les sectaires dont l'enseignement falsifie l'Evangile, contribue à la dilTusion de Tinjustice et diminue, chez les adeptes des nouvelles doctrines, la charité à l'égard des vrais croyants ^ Matthieu s'est montré ailleurs * préoccupé de ces dangereux personnages. Le relief donné à la prédication de rÉvangile dans le monde entier, comme condition préalable de la fin des choses, trahit, plus encore que dans Marc, l'intention d'expliquer le retard que subit le grand jugement. Néanmoins la fin reste dans la perspective prochaine, et par les deux « alors », placés, l'un au commencement, l'autre dans la conclusion du passage ^, les premiers troubles et les premières persécutions de l'Eglise sont étroitement reliés à la série des faits qui introduisent la consommation des choses *.
Quand il a observé que la fin ne viendrait pas tout de suite, Luc songeait déjà que les persécutions avaient précédé non seulement les fléaux annoncés et non accomplis encore, mais les guerres et les révolutions qui ont signalé la fin du peuple juif. Aussi se
1. Cf. la diminution de la charité dans Mt. xxiv, 12, et celle de la foi dans Le. XVIII, 8 (Wellhausen, Mt. 125).