‹ Les Évangiles synoptiques (volume 4)Chapitre 379 sur 733 · V. 17, à lire après v · texte numérisé non relu

V. 17, à lire après v

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imaginé par Matthieu, et il a chance d'être primitif. La leçon de Marc ^ : « Priez pour que cela n'arrive pas en hiver », a l'air d'être écourtée. On sent l'auteur qui, n'écrivant pas pour des habitants de la Palestine, s'est aperçu à temps que ses lecteurs n'avaient pas besoin qu'on les invitât à fuir dans les montagnes. Mais, s'il a supprimé la fuite, il peut aussi bien avoir supprimé le sabbat, que Matthieu, de son cô é, a pu conserver, comme il garde d'autres détails judaïsants, mais qu'il n'aurait pas ajouté de lui-même. Matthieu serait donc, en cet endroit, primitif relativement à Marc, soit que le texte de celui-ci ait été retouché après que le premier Evangile eut été écrit, soit plutôt que Matthieu ait connu la source de Marc et l'ait préférée à celui-ci. Dans ce cas, l'on devrait admettre aussi comme probable que le document apocalyptique avait trouvé place dans le recueil des discours évangéliques, et que le rédacteur du second Evangile l'avait déjà dans ce recueil 2, où Matthieu ensuite et Luc ont pu le lire.

Luc a traité assez librement le texte primitif, en continuant de tourner la pensée du lecteur vers la destruction de Jérusalem. C'est pourquoi il écrit non seulement que ceux qui seront en Judée devront se retirer dans les montagnes, mais que ceux qui seront à Jérusalem devront se hâter d'en sortir, tandis que ceux du dehors ne devront pas y entrer. Il ne dit rien de ceux qui seront sur le toit ou dans les champs, parce que ces détails s'harmonisaient encore moins avec son cadre qu'avec celui de Marc, et qu'il connaissait d'ailleurs leur vraie place. Il est très risqué de supposer h Luc une source particulière, qui aurait été rédigée au commencement du siège de Jérusalem, en un temps où les communications entre la ville et le dehors n'étaient pas absolument coupées 3. La précision des détails concernant la fuite se comprend tout aussi bien, et même mieux, à une certaine distance des événements; et si l'évangéliste ne signale pas expressément la destruction de Jérusalem et du temple, c'est

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