‹ Les Évangiles synoptiques (volume 4)Chapitre 388 sur 733 · Mc.32;Mt · texte numérisé non relu

Mc.32;Mt

4. Wellhausen. Le. 96, la trouve très naturelle : puisque le Messie chrétien doit apparaître sur les nuées, il faut qu'il meure d'abord ! Et cette logique

qui coupe la suite des idées et ne fait que rendre plus sensible au critique moderne Tabsence de cette prévision dans le discours primitif. L'évangéliste a voulu marquer les conditions réelles de Feutrée du Christ dans son règne. Mais la mort du Sauveur ne tenait aucune place dans la perspective du discours, qui pouvait s'entendre d'une manifestation subite de la gloire messianique dans la personne de Jésus lui-même. Comme Jésus y emploie constamment la formule a Fils de Thomme », des auditeurs non prévenus auraient pu ne pas se douter qu'il était le Messie dont il parle. Cette instruction, d'ailleurs, n'est pas datée, et elle pourrait être antérieure à la confession de Pierre. Quoi qu'il en soit, Luc, qui en a le mieux conservé l'ordonnance première, n'a pu s'empêcher d'en élargir la perspective en y introduisant Ta nnonce de la passion et la prévision d'un retard pour le grand avènement. Peut-être a-t-il inséré la prophétie de la passion, où il se copie lui-même *, à la place occupée d'abord par la comparaison du cadavre et des vautours, qu'il a comprise, à ce qu'il semble, autrement que Matthieu, et dont il a voulu faire la conclusion du discours.

Marc, xiii, 24. « Mais en ces jours-là, après cette tribulation, le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, 25. les étoiles tomberont du ciel, et les puissances qui (sont) dans les cieux seront ébranlées. 26. Et alors on verra le Fils de rhomme venant dans les nuées, avec grande puissance et majesté.

27. Et alors il enverra les anges, et rassemblera les élus des quatre vents, depuis Textré-

Matth. xxiv, 29. « Et aussitôt après la tribulation de ces jours, le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront ébranlées ; 30. et alors apparaîtra dans le ciel le signe du Fils de rhomme, et toutes les tribus de la terre se lamenteront et verront le Fils de Thomme venant sur les nuées du ciel, avec puissance et majesté. 31. Etilenver-

Luc, XXI, 25. « Et il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles ; et sur la terre une angoisse des nations éperdues devant le fracas de la mer et des flots, 26. les homexpirant de frayeur et d'inquiétude pour ce qui doit arriver à l'univers. Car les vertus des cieux seront ébranlées.

27. Et alors on verra le Fils de rhomme venant dans une nuée, avec grande puissance et majesté. 28. Et quand

permet d'attribuer le discours entier à la tradition chrétienne. Noter, d'ailleurs, que Le. xvii, 24, ne représente pas le Christ sur les nuées. t. Cf. v. 25 et IX, 22; »upr, p. 15.

mité de la terre, jus- ra ses anges avec une ces choses commence-

qu'à Textrémité du trompette éclatante, et ront à arriver, reprenez

ciel.» ils rassembleront les courage et levez la tête,

élus des quatre vents, parce que votre déli-

depuis une extrémité vrance approche. »

du ciel jusqu'à l'autre. »

La formule : « Mais en ces jours-là * », se réfère aux « jours » de la grande tribulation -, par dessus Tavertissement concernant les faux Messies. Après l'intercala tion qu'il avait pratiquée, Marc a dû rajuster sa transition, et n'a pu se contenter d écrire : « après cette tribulation ». On peut douter que l'évangéliste se soit proposé de ne pas établir un lien trop étroit entre les malheurs de la Judée et le bouleversement de Tunivers ^ : ce n'est pas précisément des malheurs de la Judée qu'il a parlé auparavant, mais d'une crise dont le rapport avec les événements de Tan 70 n'est pas marqué dans son texte, si tant est qu'il ait été nettement défini dans sa pensée. Son idée ne semble pas différer de celle que Matthieu exprime dans la formule ^ : « Aussitôt après la tribulation de ces jours », soit que le rédacteur du premier Évangile suive ici la source, soit qu'il ait de lui-même corrigé la formule un peu gauche de Marc. Luc s'abstient de toute indication, la consommation des choses devant venir après « le temps des Gentils » ; comme il n'a pas les passages introduits par Marc et par Matthieu entre le deuxième et le troisième registre du tableau apocalyptique, et qu'il vient de dater la fin, il n'a pas besoin de marquer la circonstance du temps en commençant d'expliquer le dernier bouleversement. Nonobstant cette omission, le cadre de Luc ne laisse pas d'être à la fois plus large et mieux défini que celui des deux autres Synoptiques ''.

La description du désordre qui se manifeste dans les cieux est en rapport avec les connaissances astronomiques du temps, et s'inspire des anciennes prophéties ^'. Le soleil et la lune, les deux grands

i. V. 24-. àXXà Iv exeivaiç tolïç f^jxipaiç {xeià tt]v OXitj;iv âxeivtjv.

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