‹ Les Évangiles synoptiques (volume 4)Chapitre 408 sur 733 · Cf. JÛLICHER, II · texte numérisé non relu

Cf. JÛLICHER, II

2* V. 42. YpTJYopsÏTfi ouv, '6x1 oùx otdare Tco^afjfxipa ôx6pioç 6 {xtSv^p/^CTai. Cf. p. 446, n. 1 . 3. Cf. HoLTZMANN, 97, 286; Jûlichbr, II, 459; B. Weiss, Lk. 494.

donne au discours apocalyptique, comme s'il avait trouvé les paraboles après le discours. Il est vrai pourtant qu elles n'en faisaient point partie, car toutes supposent, conformément au discours sur la parousie, que celle-ci arrivera bientôt, sans signes précurseurs, et il paraît évident que le discours apocalyptique se terminait sur la déclaration : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. » Dans leur application première, les paraboles ne concernaient pas la parousie en tant que retour de Jésus, mais Tavènement du royaume des cieux, Tavènement du Christ et le jugement de Dieu.

La parabole des Serviteurs qui attendent paraît n'avoir été, à l'origine, qu'une comparaison développée, que l'on a compliquée et interprétée en description allégorique. En recommandant aux disciples d'avoir les reins ceints et des lampes allumées, le Sauveur leur adapte, en quelque façon, par avance la parabole, qui devient allégorie. Le conseil ne peut s'appliquer littéralement aux disciples : ce sont les serviteurs qui, au lieu de se coucher pendant que leur maître est allé à un festin de noces, demeurent en l'attendant, le vêtement de dessus retroussé et attaché à la ceinture, comme pour la marche et le travail, avec des lampes allumées et toutes prêtes pour éclairer son entrée. Dès que le maître arrive et frappe à la porte, on lui ouvre, parce que tout le monde est sur pied, disposé à le servir. Grande sera la satisfaction de ce maître : il fera pour ses serviteurs ce que ceux-ci font pour lui; il les fera mettre à sa place et les servira. Ce trait n'est pas pris de l'usage ordinaire, et il semble purement allégorique * : il s'agit du festin messianique dans le royaume des cieux, et peut-être la rédaction a-t-elle été influencée par le discours où Jésus se dit serviteur de ses disciples -. Rien ne réclame l'hypothèse dune idée empruntée à la coutume romaine des saturnales. Si le maître arrive tard, heureux les serviteurs qui auront su l'attendre ! Cette exclamation s'entend bien dans l'allégorie, mais elle serait déplacée dans une parabole.

La mention des veilles, qui se trouve dans Marc, est le seid détail original qui atteste l'existence de cette parabole dans la source des trois Synoptiques; il suffit pour qu'on ne confonde pas cette his-

i. JULICHER, 11, 165.

2. Le. XXII, 27; supr. p. 243. Quant à Jn. xiii, 4-14, voir QÉ. 707.

toire de serviteurs avec aucune autre ^ Certains commentateurs ont pensé que Luc ne disait rien de la quatrième veille, parce que ç^aurait été une heure indue pour un retour de noces 2. Il suit plutôt l'indication de la source, qui partageait la nuit en trois veilles, selon la computation juive. A-t-on voulu faire entendre que, la première veille étant consacrée au festin, le maître pouvait revenir dans la seconde ou la troisième veille, selon que le repas se serait prolongé plus ou moins longtemps ^ ? L'idée du festin est adventice à la parabole primitive, d'où vient la mention des veilles. Il semble plutôt que, dans l'économie de cette parabole, et même dans rintention de Tévangéliste , la première veille n'est pas exclue comme temps possible du retour, mais que la seconde et la troisième sont mentionnées pour faire valoir le zèle des serviteurs ; si le maître n'est pas rentré de six à dix heures du soir, ce qui serait l'heure convenable, ceux-là seront récompensés qui se seront gardés prêts h le recevoir au moment où il arrivera ^. L'idée serait assez insignifiante, si l'on avait voulu dire qu'il importe peu que le maître arrive à la deuxième ou bien à la troisième veille.

La parabole du Maître et du voleur, celle des Deux serviteurs ont à peu près la même forme dans Matthieu et dans Luc. Celle du Maître et du voleur a pour objet de faire ressortir l'incertitude de de l'heure où se produira le grand avènement. Il arrivera à Timproviste, sans que Ton ait été autrement averti, comme le voleur, qui se garde bien de prévenir le maître de la maison qu'il veut piller, et qui choisit de préférence l'heure où tout le monde est endormi. De même que la vigilance du maître de maison ne devrait jamais être en défaut, pour que son bien fût toujours garanti, de même celle des fidèles ne devrait jamais cesser, s'ils ne veulent pas être surpris par l'avènement du Fils de l'homme. La comparaison n'est pas tout à fait en équilibre, car on ne voit pas bien le rapport qu'il y a entre la possibilité imaginaire de se tenir en garde si le voleur prévenait, et la vigilance recommandée aux disciples qui ne sont pas prévenus.

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