‹ Les Évangiles synoptiques (volume 4)Chapitre 450 sur 733 · Environ 225 francs · texte numérisé non relu

Environ 225 francs

Jésus prend la défense de la femme. Les disciples ont tort de lui chercher querelle. Il y a diverses formes de la charité : le soin des pauvres en est une ; Tamour de Jésus, les honneurs qu'on lui rend, et qui lui sont dus, en sont une autre. Ce que cette femme vient de faire est une bonne œuvre à l'égard du Sauveur, et une œuvre d'autant plus légitime qu on n'aura pas Toccasion de la renouveler. Les pauvres ne manquent pas : les disciples en auront toujours à secourir. Mais ils n'auront pas toujours leur Maître. Celui-ci mourra bientôt, et dans des conditions qui ne permettront pas d'embaumer son corps. Ce qu'on vient de faire est une compensation anticipée des soins qui ne pourront lui être rendus *.

Jésus explique ainsi l'hommage aÉTectueux dont il vient d'être l'objet, bien que l'intention de la femme n'eût pas été celle qu'il parait lui prêter ; il veut attribuer une signification providentielle à l'acte dont les disciples ont voulu se scandaliser. Non seulement cette pieuse femme ne mérite pas de reproche, mais elle mérite et elle aura les louanges de tous ceux à qui parviendra la parole évangélique. Son souvenir sera inséparable de celui du Christ. Ceux qui annonceront aux nations l'Oint du Seigneur, qui a été sacré par la résurrection, parleront de celle qui donna à Jésus l'onction symbolique, et le souvenir de cette femme sera béni ^. L'importance de ce souvenir tient visiblement à l'interprétation de l'acte, et les paroles de l'institution eucharistique, dans saint Paul 3, se présentent d'elles-mêmes à l'esprit du lecteur. On remarquera aussi que le mot « Evangile » n'est pas employé ici selon son acception primitive de bonne nouvelle du salut prochain, mais qu'il vise directement l'objet de la prédication apostolique, où était compris un récit de la vie et de la mort du Christ *. Cette façon de

1. V. 8. npoiXa^âcv ixupt'aai to aCoïkx [loj £Îç xôv evTaçiaaadv. J. Weiss, AE. 286, observe, après Preuschen, ZNTW, III (1902), 252, que Tonction des cadavres n*était pas en usage chez les Juifs, et que Marc fait parler Jésus conformément à l'usage romain. L'analogie de l'onction sur le corps vivant, et des parfums placés dans le linceul, autour du corps mort, pourrait expliquer le langage de Jésus; mais elle explique mieux encore le rapprochement artificiel qui a été conçu par l'écrivain symboliste.

2. V. 9. ozo'j èàv XTjpu/^ôrJ lô eùaYyiXtov eî; oXov lôv xoj[ioy xal o £:;otTja£v aÛTY) XaXri67[j6Tat tlç {xvr,{jLOJuvov auTrjç.

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