ScHANz, Lk, 505, 507 ; Holtzmann
mangera plus^ Mais les paroles de Jésus touchant la pâque ont été rédigées pour introduire le récit même de l'institution eucharistique ; il est peu probable qu'elles aient influencé la forme de ce récit, puisqu'elles en dépendent quant à leur origine. Cette seconde hypothèse, paraît contredite par le texte, où l'indication : « après le souper^ », marque la place de la coupe eucharistique par rapport à la distribution de la première coupe et à la fraction du pain, qui ont eu lieu pendant le repas. Mais on peut faire valoir aussi bien, contre la première hypothèse, que la coupe mentionnée d'abord par Luc est une coupe eucharistique, une coupe de souvenir, un symbole sacré. 11 est évident qu'on n'a pas épuisé le sens des paroles concernant ce premier calice, si l'on veut que Jésus dise : « Buvez le vin que voici; car, pour moi, je n'en boirai plus en ce monde. » Au cas où l'arrangement actuel du texte remonterait à Luc lui-même, la meilleure façon de résoudre les difficultés serait encore d'admettre que l'évangéliste a fait une combinaison, médiocrement réussie au point de vue littéraire, du récit qu'il a trouvé dans une de ses sources évangéliques, et de la relation que lui fournissait la première Epître aux Corinthiens -^ Nonobstant les apparences, la première coupe ne doit pas être distinguée réellement de la seconde. Mais qui ne voit combien il est invraisemblable que l'évangéliste ait adopté une rédaction aussi défectueuse ?
Paul a raconté aussi l'institution de l'eucharistie^. Il ne se réfère pas à la tradition apostolique, bien qu'il lui doive pourtant l'idée de son récit, mais au Sauveur lui-même, parce que, sans doute, il a conscience de ne pas rapporter simplement le fait de l'institution, mais de l'interpréter en même temps avec
1. Meyer, ap. B. Weiss, 634. Certains commentateurs catholiques, anciens (par ex. s. Augustin) et modernes, ont soutenu qu'il s'agissait de la même coupe et du même contenu.