‹ Les Évangiles synoptiques (volume 4)Chapitre 5 sur 733 · Cf. W. SciiMiEDEL, EB. II, 1887. J. Weiss, AE · texte numérisé non relu

Cf. W. SciiMiEDEL, EB. II, 1887. J. Weiss, AE

Pierre, et que, sur cette pierre, je bâtirai mon Église ; et les portes de Fenfer ne prévaudront point contre elle. 19. Je le donnerai les clefs du royaume des cieux ; et ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »

Le nom donné à Pierre, Simon Bar-Iona *, c'est-à-dire « fils de lona » ou Jonas, atteste encore, dans notre Evangile grec, par le maintien de la formule araméenne, qu'il vient de tradition primitive. II n'est pas indifférent de noter que la même tradition, nonobstant une difféïence légère du vocable patronymique, se fait sentir dans Tappendice du quatrième Evangile 2, en un endroit où il s'agit également de la primauté de Simon sur le troupeau du Christ. Pour procéder à cette solennelle investiture, Jésus appelle Tapôtre de son nom propre, Simon, et de son nom complet, qui, selon l'usage oriental, comprend le nom du père, Simon, fils de lona. Il le félicite de la grâce que le Père lui a faite en lui révélant son Fils. it La chair et le sang » signifient l'homme en général 3, qui ne saurait, par la seule force de sa nature, atteindre à l'intelligence des vérités salutaires. Ce n'est point par ce qu'il a entendu dire, ni même par les prodiges dont il a été témoin, que le fils de lona est arrivé h la foi du Christ Fils de Dieu, mais par le don du Père qui est aux cieux, par Tinfluence de la lumière qui lui est venue d'en haut. Les signes visibles de la messianité faisaient encore défaut '* ; mais on peut douter que cette idée soit celle que Tévangéliste veut suggérer. De même qu'il a prêté sa christologie à Simon, il fait dire à Tapôtre par Jésus que cette connaissance extraordinaire et transcendante lui est venue de la seule source d'où elle pouvait venir, à savoir du Père, qui seul connaît Iç Fils, ainsi qu'il a été enseigné plus haut ^. Si l'on peut soupçonner Marc

1. V. i7. (xaxapio; eî, Stuojv papioiva, oti aàpÇ xal a[[i.a oùx à;:6xaXu'}iv aoi àXX* 0 ratrrjp [jloj 6 h xoîç oùpavoîç.

2. XXI, 15, 16, n. Sftxwv 'Itoavou. On admet généralement que *Iwvàç est une abréviation de 'Itoaviriç (araméen «JHV). L.a variante tend à prouver que les deux Évangiles, bien que dépendant delà même tradition, sont indépendants Tun de Tautre. Encore est-il qu'ils peuvent dépendre d'une source commune, et que Jean a pu choisir un nom connu, de préférence à la formule araméenne.

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