‹ Les Évangiles synoptiques (volume 4)Chapitre 536 sur 733 · XVIII · texte numérisé non relu

XVIII

A. LoisT. — Les Evangiles synoptiques^ II. 37

une scène où semblait apparaître la faiblesse du Christ, et où Tévangéliste veut, au contraire, montrer sa puissance ^ Il paraît évident que les membres du sanhédrin ne se sont pas concertés avec Pilate pour l'arrestation de Jésus. Selon les deux premiers Evangiles, la troupe était armée d'épées et de bâtons. L'on savait que Jésus était accompagné d'un certain nombre de personnes, et Ton craignait qu'il n'y eiit résistance. Luc dit simplement qu'une troupe se présenta, et que Judas la conduisait, sans parler de sa composition, ni de ses armes,. ni de ceux qui l'avaient envoyée. Mais c'est qu'il se réserve de faire apostropher plus loin par Jésus les membres du sanhédrin-, comme s'ils étaient venus avec la troupe. Il ne pouvait pas dire que les sanhédristes avaient envoyé une troupe à laquelle ils se joignaient eux-mêmes. Jésus, dans le discours <ju'il leur adressera, parlera des épées et des bâtons comme il fait dans Marc et dans Matthieu.

Il est donc très probable que la source primitive signalait la venue inopinée de Judas avec une troupe armée d'épées et de bâtons, que les chefs des prêtres avaient envoyée. Cette dernière circonstance allait de soi, puisque Jésus tombe aux mains de Caïphe, et qu'il est déféré au tribunal de Pilate par le sanhédrin. Mais on ne doit pas se hâter de conclure que l'arrestation avait été décidée par cette assemblée; elle a pu être machinée seulement par le grand prêtre et les membres les plus influents du grand conseil. Il ne paraît pas non plus certain, bien qu'on l'admette communément, que la troupe conduite par Judas ait été composée de gardes du temple*^. Ce n'était pas une troupe régulière, mais une « foule » '• ; elle n'était pas pourvue d'armes comme une milice ordinaire, mais on dirait qu'elle avait été munie, au hasard et pour la circonstance, d'épées et de bâtons ; elle n'accomplissait pas une opération de police, mais une sorte d'enlèvement; elle n'était pas commandée par un officier du temple, mais bien plutôt par le serviteur du grand prêtre '', qui paraît en être le personnage le plus important, et dont on dit qu'il eut l'oreille coupée; c'était donc vraisemblablement un

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