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5. V. 63. iÇopxf^oj ac xatà -ou Oêoji 70î3 î^oîvio; (cf. xvi, 16j îva T\[xly 6i«t)ç eî tj i\ 6
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Caïphe lui a demandé s'il est le Fils de Dieu, et Jésus répond qu'il lest en effet K D'après le contexte immédiat, et si Ton se règle sur les vraisemblances de Thistoire, Caïphe entend la formule « fils de Dieu » au sens traditionnel de Messie, et les paroles de Jésus confirment jusqu'à un certain point cette idée, puisque « le Fils de l'homme sur les nuées » est une façon de désigner le Messie d'après Daniel. Cependant la déclaration du Sauveur sera traitée de blasphématoire par Caïphe. Dire : « Je suis le Christ », n'était pas blasphémer. Ce n'était pas prononcer sacrilègement le nom de Dieu que de dire : « Je suis le Fils de Dieu », à moins qu'on ne s'en tînt pas à l'idée morale et religieuse de la filiation, et qu'on n'y joignît quelque idée métaphysique, plus conforme à l'esprit de la gentilité qu'à celui du judaïsme, l'incarnation d'un être qui était, pour ainsi dire, quelque chose de Dieu, en sorte que l'affectation d'un semblable rapport avec Dieu, de la part de Jésus, pût être interprétée comme injurieuse à la majesté divine^. Rien de plus facile à expliquer si la scène a été conçue par l'évangéliste ou dans la tradition chrétienne. Il n'en serait plus de même au point de vue de la réalité, d'autant que la définition du Messie est tout autre dans le procès devant Pilate, où le Christ est dit « roi des Juifs ^ ». On ne peut guère admettre que le blasphème soit la parole relative à la destruction du temple, en regardant la question et la réponse messianiques comme une interpolation dans le récit ^, ni que le blas-
1. Me. 62. êY'/) iîjjii. Mt. 64. au Etna;. Noter Téquivalence des deux formules, (jui témoigne contre l'interprétation proposée par certains exégètes pour celle de Matthieu (et de Me. xv, 2) : « C'est toi qui le dis », en sous-en tendant que Jésus lui-même ne prend pas la responsabiliré de Tassertion, soit qu'il refuse de (répondre (Merx, II, ii 382-384), soit qu'il évite seulement de se prononcer (J. Weiss, AE, 324-325). Dans ces conditions, on ne voit pas comment les juges de Jésus auraient pu prendre ou être censés prendre sa réponse pour un aveu. La suite du discours dans Matthieu ne laisse d'ailleurs aucun doute sur le sens pleinement afTirmatif de la formule : « Tu le dis » (cf. xxvi, 25; supr, p. 517).