‹ Les Évangiles synoptiques (volume 4)Chapitre 569 sur 733 · Cf. Brandt, 81-84 ;J. Wkiss, AE · texte numérisé non relu

Cf. Brandt, 81-84 ;J. Wkiss, AE

Juifs. Tout en interpolant dans la séance du matin la majeure partie de ce que Marc a raconté de la séance nocturne, Luc a pu encore se rendre compte de la contradiction que le jugement et la condamnation du Christ par le sanhédrin introduisaient dans le récit traditionnel ; il aura vu, dans la source de Marc, que cette condamnation n'avait pas eu lieu, et c'est pour ce motif qu'il n'en dit rien, non pour charger Pilate, qu'il est tout aussi disposé que les autres à montrer innocent de la mort du Sauveur.

Ma.rc, XIV, 65. Et quelques-uns se mirent à cracher sur lui, à lui voiler le visage, à lui donner des coups de poing, et à lui dire :

« Prophétise »>. Et les valets le reçurent avec (les soufllets.

Matth.xxvi, 67. Alors ils lui crachèrent au visage et le frappèrent à coups de poing; et d'autres lui donnèrent des soufflets, 68. disant : « Prophétisenous, Christ, quel est celui qui t'a frappé. »

Luc, XXII, 63. Et les hommes qui le tenaient se moquaient de lui, le frappant, 64. et, lui voilant la face, ils Tinterro- ^eaient, disant : « Prophétise qui est celui qui t'a frappé. » 65. Et ils lui adressaient beaucoup d'autres injures.

Dans les deux premiers Évangiles, le jugement chez Caïphe est suivi d'une scène odieuse, où l'on voit les membres du sanhédrin outrager le Christ. Marc * parle seulement de « quelques-uns », puis il fait intervenir les valets. Matthieu ^ ne mentionne pas ces derniers, et il s'exprime comme si Caïphe et tous ses assesseurs s'étaient rués sur Jésus. Le troisième Evangile, qui retarde l'interrogatoire, semble anticiper la scène des outrages, qu'il a seulement laissée à la place que lui assignent Marc et Matthieu, parce qu'il ne pouvait convenablement la mettre entre la réunion matinale du sanhédrin et le jugement devant Pilate. Il a fait voir Jésus amené chez le grand prêtre, Pierre dans la cour, avec les satellites, le reniant , trois fois ; pour l'enchaînement de ses récits, il suppose que Jésus est resté lui-même dans la cour, sous la garde des satellites ; c'est pourquoi le Sauveur peut se retourner vers Pierre après le troi-

1. V. 65. xaî ^pÇavTO Ttv£( IjjLTCTuetv auTcu xai ntpixaXùizzuy ocùxou xo Tcpd^cojcov xai xoXaçiXstv autôv xat XÉyeiv auTw* ;rpofïiT6uaov, xal ol (tTzr\pi-:ai pa;c{afia9tv aùxôv eXapov .

2. V. 67. xdxE eviicxuaav tlç xo ;cpdjo>7Cov aux ou x»t âxoXàfi^av atÙTOv, oi Ôê gpanivav 68. Xi-^oyxiç' TïpoçrjTcuaov î){xiv, Xpiaxi, xtç loxiv ô izahoLç ae;

sième reniement; c'est pourquoi aussi Tévangéliste peut ensuite, sans autre explication, introduire la scène des outrages, qu'il attribue aux hommes qui gardaient Jésus dans la cour du grand prêtre K Combinaison artificielle, où la scène des outrages apparaît comnie un élément adventice, qui sert, dans l'économie de la narration, avec le reniement de Pierre, à remplir le temps compris entre l'arrestation du Sauveur et la réunion matinale du sanhédrin *.

Ainsi qu'il a été observé plus haut, la scène des outrages chez Gaïphe, tout à fait parallèle à la scène de dérision dans le prétoire, pourrait avoir été dédoublée de celle-ci, pour compléter le récit du jugement par le grand prêtre. On s^expliquerait ainsi plus facilement la gaucherie qui caractérise la narration de Marc, et que les deux évangélistes plus récents ont corrigée chacun à sa façon. Les « quelques-uns » qui, d'après le second Evangile, se mettent à frapper Jésus, arrivent on ne sait d'où ; le contexte inviterait à voir en eux des membres du sanhédrin ; mais Marc ne le dit pas expressément, et peut-être n'est-ce que par une maladresse de rédaction qu'il paraît le laisser entendre ; il ne semble pas qu'une distinction nette s'établisse en son esprit entre ceux qui commencent à frapper Jésus, et les valets qui le reçoivent avec des soufflets ^. La

i. V. 63. xai oî àv8p8ç oi wvéyovTCç aÙTÔv £vi;îatÇov auTû> ôipovTeç (ce dernier mol manque dans D, mss. lat.), 64. xal wEpixaXu^avTÊÇ «ùxov àiCTjpwTwv Xi^oyxiç' npoçij- Tsuaov, Tt; loriv ô naiaa.ç tc ; 65. xal etepa ;:oXXà pXaa^T)[jio0vT6; sXfiyov sî; a-JTOv.

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