‹ Les Évangiles synoptiques (volume 4)Chapitre 582 sur 733 · Cf. Mt. XXVI, 3, 4, 14 ; supr, p · texte numérisé non relu

Cf. Mt. XXVI, 3, 4, 14 ; supr, p

3. (ata{uXT}OtU [e<3Tpt^cv ta tptoxovTa àpyopta toTç a(p/^i£p6U7iv xal irpga^uTspot;. Cf. p. 623, D. 4.

4. V. 4. ^{jLfltpTOv ?rapa8où; aTjjLae àOoîov. Cf. Deut. xxvii, 25.

A. LoiSY. — Les Évangiles synoptiques^ II. 40

gagné, et de l'employer comme il voudra. Le traître s'en va jeter l'argent dans le naos^ c'est-à-dire dans le sanctuaire, où les prêtres seuls avaient le droit de pénétrer; puis il s'éloigne en toute hâte, pour n'être pas arrêté et forcé de reprendre son argent ; il se pend, à l'instar d'Achitophel *, pour finir ses jours, et se soustraire au reproche de sa conscience *^.

Abstraction faite des invraisemblances, tout cela n'a pu se passer en quelques minutes : l'évangéliste n'en continue pas moins son récit, et il représente les chefs des prêtres ramassant l'argent, délibérant sur Tusage qu'ils en feront, et procédant à Tachât qu'ils ont décidé. Ils se voient contraints de garder l'argent; ils ne veulent pas néanmoins le mettre- dans le trésor, parce que ce prix du sang leur parait une chose impure, abominable aux yeux du Seigneur, comme était le salaire de la prostitution, que la Loi ^ défendait d'apporter au trésor du temple ^. Il va de soi qu'un tel sentiment se comprend mieux selon l'esprit du rédacteur que par rapport aux prêtres qui avaient eux-mêmes payé Judas avec l'aident du sanctuaire.

Après avoir tenu conseil, ils achètent un champ, dit « champ du potier », qu'ils affectent à la sépulture des étrangers ^, c'est-àdire des Juifs et prosélytes venus de pays étrangers pour les fêtes, et qui mouraient pendant leur séjour à Jérusalem. L'évangéliste ajoute, que de son temps, le champ acheté avec l'argent de Judas, s'appelle encore « champ du sang » ^. On voit qu'il a dû se passer beaucoup d'années entre l'époque présumée de l'acquisition et le moment où écrit l'évangéliste. Le lieu dit Hakeldama a certainement existé : son rapport avec Judas est beaucoup moins garanti.

Cette tradition du premier Évangile touchant la fin de Judas et « le champ du sang » n'est pas la seule qui ait eu cours dans l'anti-

i. Cf. II Sam. XXII, 23 (LXX . xal 'A/^ciToftX cîScv oti owx âycvTÎÔij îj ^ouXt) «utoo,.., xai àTt^XOcv êîç Tov oixov auiou , xai aJCiJYf«TO.

2. V. 5. xal 6t^aç Tot apy^pta cîç tov vaôv àvcy^ct>p7]9(y, xai «xsXOuiv iic^y^CLTO.

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