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d'instants après sa sortie du tombeau*. Dans les Actes, il vit quarante jours avec ses disciples, et c'est seulement au bout de ce temps qu'il est enlevé au ciel. Au fond, tous croient que le Sauveur échappe à la mort, et qu'il est glorifié par sa résurrection; mais la détermination sensible de cette idée varie d'un témoin à l'autre.
Il n'en reste pas moins que saint Paul, le témoin le plus complet en ce qui regarde les apparitions du Christ, ne rattache pas la première apparition au jour traditionnel de la résurrection, ni la dernière au jour traditionnel de Tascension. La tradition, pour des motifs pris sans doute en dehors de Thistoire, avait appris à Paul que Jésus était ressuscité le troisième jour après sa mort; elle ne lui disait pas que le Sauveur se fût montré à Pierre ce jour-là.
Dans toutes les occasions énumérées par Paul, les disciples virent le Sauveur, ou ils eurent une impression sensible de sa présence. La comparaison de l'Epître aux Corinthiens avec les récits évangéliques porte à croire que, dans plusieurs cas, il y eut vision, c'est-à-dire que les disciples eurent sous leurs yeux Jésus comme ils l'avaient connu avant sa mort. On ne saurait dire qu'il y ait eu toujours des paroles prononcées. Il n'est pas probable que la vision des cinq cents frères ait comporté le moindre discours. L'expression choisie par Paul : « il apparut », si elle n'exclut pas les paroles, ne suppose pas de longues instructions. Les paroles qui- ont pu caractériser certaines apparitions n'auront pas manqué d'être commentées par la tradition. On peut voir, dans les Actes, les variantes de celles qui se rapportent à la vision de Damas. Quoi qu'il en soit, la notice exacte qu'a rédigée l'Apôtre n'est pas compatible avec l'idée d'entretiens continus, à laquelle on serait obligé de s'arrêter si l'on devait prendre à la lettre le commencement du livre des Actes, et si les discours prêtés à Jésus ressuscité dans le premier Evangile et dans le troisième, aussi bien que dans la finale de Marc, ne portaient visiblement l'empreinte de la tradition qui les a conservés, et de l'auteur qui les a rédigés.
Les évangélistes et saint Paul n'entendent point d'ailleurs raconter des impressions subjectives; ils parlent d'une présence du Christ, objective, extérieure, sensible, non d'une présence idéale, bien moins encore d'une présence imaginaire. Quoique le corps de Jésus
i. Jn. ïx, 17; cf. (?/s. 909-910.
aitjété en quelque sorte spiriiualisé par la résurrection, les disciples ne se représentent pas le Sauveur comme un pur esprit, ni la résurrection comme la permanence de son âme immortelle. Cette dernière idée leur était absolument étrangère. Pour eux, le Sauveur était vivant, par conséquent avec le corps qu'il avait eu avant sa mort. Les conditions d'existence de ce corps étaient différentes, mais c'était le même qui avait été mis dans le tombeau, et que Ton croyait n y être point demeuré.
Il semblerait que les évangélistes connaissent moins de faits que Paul, mais qu'ils les racontent de façon à prouver par leurs descriptions plus développées, par le relief donné à une ou deux apparitions, ce que Paul établissait par l'accumulation des témoignages. On a vu déjà comment ils ont fait valoir la découverte du tombeau vide. Mais, pour le récit des manifestations du Christ ressuscité, Marc ne soutient plus les deux autres Synoptiques, et l'on dirait que, privés de ce secours, ils sont allés, chacun de son coté, un tant soit peu à l'aventure K Seulement, tandis que Matthieu n'a pas pu ou voulu suppléer par d'autres sources au défaut de Marc, Luc semble avoir découvert d'autres guides et des matériaux relativement abondants. Il se trouve néanmoins que ni l'un ni l'autre n'ont exploité autant de souvenirs ni tout à fait les mêmes souvenirs que Paul. Le peu de rapport qui existe entre les récits de Luc et l'énumération de Paul serait fort extraordinaire, si l'on devait admettre que le rédacteur du troisième Evangile a été disciple de l'Apôtre. Pour commencer, Luc racontera une apparition, celle d'Emmaiïs, que Paul parait avoir entièrement ignorée. Quant à l'imique apparition racontée par Matthieu, l'on peut dire qu'elle correspond d'une certaine manière à toutes celles dont Paul a parlé, sans être spécialement aucune d'elles.
Matth. xxvni, 16. Et les onze disciples s'en allèrent en Galilée, à la monlagne que Jésus leur avait indiquée. 17. Et le voyant, ils se prosternèrent; et il y en eut qui doutèrent. 18. Elt Jésus, s'étant approché, leur parla, disant : « Toute puissance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre. 19. Allez instruire toutes les nations, [les baptisant au nom du Père^ du Fils et du Saint-Esprit], 20. leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous toujours, jusqu'à la consommation des siècles. »