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5. Cf. Dan. vu, 14 (LXX). xai iSoOrj «utw iÇouvCa xal tijjltj ^jiXixtJ, xal ravra ix iôvTj TTjç Y^î T^Txk yéwri xai raoa 8dÇa auiôS XaTpeuou^a* xai îj èÇouata a-JTo3 IÇouota auiSvioç f,Tt; où (xf, àpôf;. Sur Tcmploi des LXX dans Matthieu, voir supr, p. 431, n. 4; p. 606, n. 3.
qu'il a créé. Ainsi se trouve reprise et complétée l'espèce de confession qu'on a lue plus haut * : « Tout m'a été remis par mon Père. »
Muni de ces pleins pouvoirs, Jésus confère à ses apôtres une mission nouvelle : « Allez instruire toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé 2. » Jadis il leur avait dit^ : « N'allez pas sur le chemin des païens, et n'entrez pas dans une ville de Samaritains. Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël. Et allez prêcher, disant que le royaume des cieux est proche. » Maintenant ^ que les Juifs ont rejeté la parole du salut, et qu'ils se sont souillés par le meurtre du Fils de l'homme, les apôtres, et ici l'évangéliste ne pense pas seulement aux onze auditeurs qu'il a donnés à Jésus, doivent porter la bonne parole à tous les peuples de la terre ^. Nul n'est exclu du royaume des cieux : les Samaritains et les païens pourront y entrer. Le royaume des cieux lui-même semble presque avoir changé de caractère. Sans doute il viendra complet avec « la consommation du siècle », mais il se réalise déjà, dans le siècle, par cette société ^ où la foi et le baptême donneront accès, où l'on observera « tout ce que Jésus a commandé ».
Il est évident que cette instruction ne s'adresse pas véritablement aux onze apôtres, qui, dans la réalité de l'histoire, n'avaient pas conscience de l'avoir reçue, puisqu'ils ne se décidèrent que peu à peu, et au bout d'un assez long temps, à sanctionner l'admission des Gentils dans la communauté. Le discours entier est du Christ vivant dans l'Église; c'est la voix de la conscience chrétienne, qui parle en Jésus glorifié. L'évangéliste lui-même y exprime une vue générale de philosophie religieuse sur la mission terrestre du Christ et sur celle de l'Église, ce qu'il dit de la prédication aux Gentils étant coordonné dans son esprit à ce qu'on a lu plus haut de la prédication aux Juifs.