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ne les a séparés par aucun intervalle de temps. D'après Lue, le pasteur a été frappé, mais les brebis n'ont pas été dispersées. Le fait est pourtant que les apôtres sont retournés chez eux en fuyards, qu'ils ne se sont ressaisis qu'en Galilée, et que, par conséquent, la perspective du troisième Evangile est idéale, non réelle et historique.
Après avoir rappelé que, dans son premier livre, il a conduit l'histoire de Jésus jusqu'à Tascension, l'auteur des Actes, qui ne montre plus autour du Christ que les apôtres *, se reprend pour dire que le Sauveur « se manifesta vivant à eux après sa passion, par de nombreuses apparitions, se montrant à eux pendant quarante jours, et leur parlant du royaume de Dieu ; en vivant avec eux *, il leur prescrivit », comme on l'a vu dans l'Évangile, « de ne pas s'éloigner de Jérusalem, mais d'y attendre ce que le Père avait promis », c'està-dire le baptême d'Esprit saint. Les disciples demandent, sans que l'on dise en quelle occasion, si le royaume de Dieu va venir tout de suite. Jésus répond que la date du grand avènement est le secret du Père, et qu'ils doivent, en attendant, prêcher l'Evangile en Judée, en Samarie et jusqu'au bout du monde 3. C'est le programme que l'Église apostolique a peu à peu réalisé : c'est aussi le cadre des Actes. Sans autre transition, Luc décrit l'ascension du Sauveur, en signalant cette fois la venue de deux anges qui garantissent aux apôtres que le Christ reviendra ^.
Nonobstant sa rigueur apparente, la perspective des Actes n'est pas plus réelle que celle de l'Évangile, puisqu'elle ne laisse pas plus de place à la fuite des apôtres et aux apparitions galiléennes ; puisqu'elle suppose la foi affermie dès le jour de la résurrection, et les apôtres jouissant à Jérusalem de la présence presque continue de leur Maître. Ni Paul, ni Marc, ni Matthieu, ni Jean ne conçoivent