B. Weiss, loc. cit
Jusqu'à septfois?» 22. Jésus lui dit : « Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à septante fois septfois. »
Afin de revenir k la source * et à la question morale du pardon, qui ne laisse pas de F intéresser, Févangéliste fait intervenir Pierre, pour demander, sans que Ton voie bien pourquoi, combien de fois on doit pardonner à celui par qui Ton a été offensé. Pierre propose un chiffre : « sept fois ^), qui est justement celui de Luc, comme si Tévangéliste avait voulu enchérir en mettant dans la réponse de Jésus un chiffre bien plus considérable. Ce gros chiffre signifie que Ton doit pardonner indéfiniment, sans compter. La formule grecque n'est pas très correcte, et peut se traduire de deux manières : « septante fois sept fois », ou « soixante-dix-sept fois^ ». Certains commentateurs préfèrent la seconde traduction, y voyant une allusion au passage de la Genèse ^ où il est dit que Caïn sera vengé sept fois, et Lamech soixante-dix-sept fois. Matthieu a pu, en effet, s'inspirer de ce passage ; mais la question est de savoir comment il a compris le chiffre de Lamech^. Soixante-dixsept serait peut-être encore insuffisant pour signifier Tobligation indéfinie du pardon. La donnée sobre et précise de Luc : u sept fois par jour"^ », est préférable à cette construction arithmétique 6. Le mot « frère » n'a pas ici le même sens que plus haut : quand Matthieu parle du frère à réprimander, puis à dénoncer à TÉglise, il a en vue les chrétiens; ici, il s'agit du prochain en général. La différence est en rapport avec l'origine des sentences. Matthieu
1. Noter la réflexion de Maldonat, I, 370 : « Mihi ex verbis Christi Le. XVII, 4, occasionem interrogationis videtur (Petrus) accepisse.
2. V. 22. ipSofXTjxovTdbciç é^rcdt. Pour 70 x *, il faudrait l^uToîxtç (D) ; pour 77, é^$o|xifjxoyra â^rroxiç. La formule : où Xéyco soi icoç iizxdxK; peut se traduire : « Je ne te dis pas : jusqu'à sept fois, mais etc. », ou bien : « Pas jusqu'à sept fois, je t'assure, mais etc. ».