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parlent de rien moins que d appeler le feu du ciel sur le bourg inhospitalier *; mais Jésus les blâme d'avoir une telle pensée. La petite caravane s'en va dans un autre endroit. Luc ne dit pas si « Tautre bourg » est encore en Samarie, ou bien si la troupe change d'itinéraire. La dernière hypothèse parait moins probable, si Ton considère la formule qu'il emploie, et comme il n a pas de scrupules géographiques, on ne peut rien inférer de ce que Jésus arrive à Jérusalem par Jéricho. Luc veut plutôt faire entendre que Jésus n'a pas été repoussé partout chez les Samaritains ^.
Plusieurs témoins ajoutent aux paroles des disciples les mots : « comme a fait Elie ^ », et une réponse du Sauveur ^ : « Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes, car le Fils de l'homme n'est pas venu perdre les vies des hommes, mais les sauver. » Ces additions ^ peuvent être des gloses ^. Elles n'en sont pas moins conformes à la pensée du narrateur, qui se souvenait d'Élie, et qui sous-entend un discours de Jésus pareil à celui qu'on lui a prêté. L'esprit d'Elie était justice et terreur : l'esprit de l'Évangile est charité et miséricorde.
Le récit semble être originairement en rapport avec le nom de « fils du tonnerre », que Marc attribue aux fils de Zébédée ; il remplace, en quelque façon, dans Luc, la demande de ceux-ci pour obtenir les premières places dans le royaume des cieux. On peut y soupçonner quelque intention antijudaïsante. L'inhospitalité des Samaritains se trouve faire pendant, au début de cette seconde partie de Luc, à l'expulsion de Jésus après sa prédication dans la synagogue de Nazareth, au début de la première ^. Mais l'évangéliste insiste moins sur ce trait. Il est évident que les Samaritains, figurant les Gentils, ne sont pas réprouvés comme les Juifs.