CHAPITRE IV
f.'oRIGINK ET LA COMl'l )SITIO>; DU l'RKMIElî KVANGILH
A la diirérence de Marc, dont la rédaction définitive ne semble pas avoir été conçue suivant un plan réfléchi, mais l'eprésente une sorte d'élaboration orig'inale et spontanée des documents primitifs, Matthieu peut être considéré comme une compilation régulièrement conduite, avec un plan et une méthode. L'initiative du rédacteur n'est guère moindre que celle de Marc, et le rapport du livre avec l'apôtre dont il porte le nom reste une énigme aussi obscure en son genre que l'attribution du quatrième Évangile à l'apôtre Jean.
Tant pour ce qu'il !ui emprunte, que pour la distribution générale de ses matériaux, le rédacteur du premier Évangile dépend du second. Mais il a placé avant la relation du ministère du Christ une préhistoire, un récit de la conception virginale, de la naissance et de l'enfance de Jésus '. Après les préliminaires de la prédication évangélique -, il laisse voir l'objet principal de son livre, exposer ce que Jésus a enseigné et ce qu'il a fait'*. L'enseignement prend le pas sur l'action, et le début de chaque partie principale est marqué par un grand discours, compilation de sentences qui précède une série de faits : ainsi le discours sur la montagne ' précède tout récit détaillé de miracles, et il est suivi d'une série de dix prodiges "' que Tévangéliste a constituée en prenant dans Marc un certain nombre des faits qui sont racontés avant la mort de Jean-Baptiste, et en changeant l'ordre de leur distribution ; le grand discours aux apôtres '' commande une série d'instructions ' entremêlées avec certains morceaux de Marc qui n'avaient pas trouvé place dans la section précédente; le discours des paraboles ^ commande le reste ", et, une fois arrivé à la mort