Cf. RuTH, IV
6. Dans les insciiptions votives de Carthage, le fils porte assez souvent le nom de son père, très ordinairement celui de son grand-père.
7. J. Weiss, 313. B. Weiss, E, 286, écarte cette hypothèse en alléguant avec raison le v. 20, qui impose à Zacharie le devoir et la nécessité du silence j mais il rationalise également le récit en disant qu'Elisabeth trouve le nom toute seule, pour exprimer sa i-econnaissance de la faveur octroyée par Dieu, d'après le v. 25. Ce n'est pas le v. 25, mais le v. 13, qui est en rapport avec l'étymologie du nom.
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suggestion de l'Esprit divin. La rencontre de sa décision avec celle que va donner Zacharie serait une comédie jouée devant la laniille par les deux époux, s'il v avait eu entente préalable ; ce n'est pas cet effet que 1 auteur a dessein de produire, mais il veut m(»ntrer comment la Providence est arrivée à ses fins en inspirant à la femme le nom qui avait été révélé au mari devenu muet.
Les parents surpris ne se tiennent pas pour battus; ils veulent en référer à Zacharie, et leur obstination sert h prépai'er l'accomplissement de la dernière prophétie de Gabriel, touchant le terme où Zacharie recouvrera l'usage de la parole. Zacharie est présent ;i la discussion, et il est censé n y ])ouvoir rien entendre, parce qu'il est sourd en même temps que muet ; c'est pourquoi on lui fait comprendre par signes de quoi il s'agit'. S il n'avait été sourd, on lui aurait demandé son avis de vive ^()i\, ou plutôt il n'aurait pas été nécessaire de le lui demander, et c'est lui- même qui aurait usé de signes pour appuyer l'avis de sa femme. ()u'avaitil besoin d'écrire le nom de Jean, s'il l'avait entendu prononcer autour de lui ? Les commentateurs modernes qui ment la surdité de Zacharie pensent retirer dv cette histoii-e un élément d'invraisemblance ; ils n'en retirent qu'un élément de merveilleux qui y a •été mis avec intention, et ils dérangent réquilil)re du récit.
Zacharie, sachant qu on ne s'accorde pas sur le nom de lenfant, ignorant que le nom de .lean a été proposé, incapable de signifier ce nom par gestes, demande ce qu'il faut pour écrire ; on lui apporte des tablettes ^ et il y écrit le nom de Jean •'. Etonnement de l'assistance devant cet accord que l'on sait n avoir pu être prémédité entre les deux époux, sur vm nom dont (»n ne ^■oit pas la raison d'être. Mais voici bien un autre sujet de sur])rise. :V cet instant
1. V. 62. 3viv£j';v o"; -(o r.x-y. aJtoj 70 t; àv 6i).0'. x.xÀsîaOai xùio. l^our ne [)as iidmettre que Zacliarie ait été sourd, certains commentateurs imaginent qu'on l'ait des signes pour ne pas froisser Elisabeth, ou bien par compassion pour le pauvre Zacliarie, ou bien parce qu'un signe suffît, étant donné qu'il a entendu
! I ce dont il s'agissait.
2. Tïivazîoiov désig'ne sans doute une de ces tal)lettes enduites de cire (|ui étaient dans l'usage ordinaire des anciens.
3. V. 63. '-'Ypao/sv Àsytov 'Iwàvïj; sitIv ôvo[JLa aùioO. Le mot àe'y'ov équivaut à rhébreu "IQnS et peut se traduire : <( en ces termes ■>. Zacharie est encore muet quand il écrit. La réponse est aussi catégorique que celle d'Elisabeth, V. 60: oJ/', àÀÀx /.XrjOrfaETai 'Ifaâvrj;. Dans les deux cas, sous l'affirmation décidée, on enlic\f)i( une ru'^cessité providentieili'.
NAISSANCE DK J KAN-BAPTISTR 'MV,)
même, le terme lixé par Gabriel étant arrivé, le sourd-muet est délivré de son infirmité ; la voix lui revient, sa lang-ue se délie ; le voilà qui parle et dit des louanges à Dieu ^. Cette fois la stupeur est au comble, et comme on sent la main du Seig'neur en toutes ces choses extraordinaires -, une religieuse terreur se répand dans tout le voisinage; il n'est bruit dans la contrée que de ces prodiges-''. Tout le monde en conçoit un présage de haute portée pour la destinée d'un enfant sur qui, à son entrée dans le monde, la puissance divine se manifeste avec tant d'éclat '.
Le Benedictus vient en supplément de ce tableau, comme le Maç/nificat dans le précédent ; mais tandis que le Magnificat est intercalé dans le récit, le Benedictus est presque en dehors et semble venir après le moment où il a dû être prononcé, comme s'il avail été impossible de le mieux placer. Il a été dit que Zacharie ouvrit la bouche et bénit Dieu ' : ce sont ces louanges inspirées que représente le cantique; mais la référence, au lieu de prouver que le rédacteur du cantique est le même que celui du récit, est bien plu-
1. \. <i4. àvcoi/Or, 'À 10 atdjAa xj-ryj r:aoayç.ïi;i.a za'. f, YÀfoaia ajTOj, /.ai zkiXv. EJXoyrov Tov Oiov. Ss. transpose la fin du v. 63 après le v. (i4 : ■■ Et le lien de sa langue se dénoua, et il bénit Dieu^ ef tous turent étonnés. iV.\. Et il y eut une erainte sur tous leurs voisins, etc. ». (".f. D, 64. /.a'. 7:ac.a/orjaa èXjOt) f, yXû^aa aùto-J, /.a'. iOaJijLXcrav -âvtîç" àviÔr/Oï, oï -.ù ^Toaa aùxoij /.at ïkiki'. ztÀ. (le passage |)rétait à confusion , mais le texte ordinaire est encore le meilleur ; l'étonnement de lassistance vient bien après la déclaration du nom, et la stupeur générale après la guérison de Zacharie; on est obligé de suppléer, au moins pour le sens, ï'kùh^ devant fj yXwaja ayxou, et l'on peut se demander si les deux propositions parallèles, qui sont séparées dans D : « Sa bouche s'ouvrit », et " sa langue se délia », ne seraient pas variantes l'une de l'autre, le texte primitif ayant contenu seulement l'une des deux; le rapport avec Dan. X, 16 \y.7.\ f|vo;ça to TTOixa aou zaî ÈXâÀr,cia) inviterait à préférer la première, nonobstant le témoignage rendu par Ss. à la seconde. Ss. peut procéder d'un texte analogue à 1), où les deux se trouvaient, et d'où la première aura été éliminée.
2. V. 65. nxvTï Ta ir^axTa Tauta s'entend des choses, non seulement des paroles prononcées par les personnages de l'histoire.
:{. V. 66. /.a- 'iOsvTO -âvTeç oi àx.ojiavxsç h tt, /xpola aJToiv. (A. 1 S.\.m. xxi, l'i.
i. -■; apa -J) TZi-'.owt roÙxo 'iTTai ; za''. yào /r.p x.jO'oj r,v a=T 'aùxou. Le dernier membre de phrase est une réflexion du narrateur; car elle n'a pas de sens satisfaisant dans la bouche des voisins, à moins d'omettre yjv, avec D et Ss. : « Car la main du Seigneur est avec lui. » Cette leçon donne une construction plus naturelle el un meilleur sens rpie la leçon ordinairi-.
310 r.ES ÉVANGILES SYNOPTIQUES
tôt un indice du contraire '. On peut enlever les deux cantques sans faire tort à la narration qui les encadre. Le Magnificat paraît avoir été ajouté pour donner une expression plus complète à l'inspiration d'Elisabeth, et leBenec?ic^«.s, pour figurer l'action de grâces de Zacharie, le montrer lui-même en prophète inspiré -, à l'instar d'Elisabeth, et faire pendant au Magnificat. Mais il ne suit pas de là que les cantiques aient été insérés dans le récit par l'évangéliste, et qu'il ne les ait pas déjà trouvés dans la source 3.
Dans le cantique de Zacharie, comme dans celui d'Elisabeth, l'élément personnel se détache aisément du contexte, et, une fois enlevé, laisse subsister un psaume, imité de l'Ancien Testament, dans le même esprit que le Magnificat. On y retrouve cinq strophes, de deux distiques chacune, la quatrième seule se rapportant à Jean- Baptiste^; la mesure, d'ailleurs, ne paraît pas fort régulière, et l'on peut ici encore se demander si l'on est en présence d'un cantique hébreu plus ou moins librement traduit et g-losé, ou d'une composition grecque où l'on aurait imité le style des Septante. Cette dernière hypothèse n'est peut-être pas la moins vraisemblable ^.
Après la formule solennelle qui introduit le Benedictus comme une prophétie inspirée, le cantique commence par la doxolog-ie usitée dans les Psaumes : « Béni soit le Seig-neur, le Dieu d'Israël'' ». Le motif de la louange est le salut messianique ; mais, comme dans le Magnificat, la description procède par traits généraux, exprimés par des aoristes grecs, que l'on pourrait être tenté de traduire au
1. J. Weiss, 314. Le v. 64, en effet, ne prévoit pas le cantique- " Il parlait en bénissant Dieu » ne signifie pas : « 11 dit un psaume », mais indique l'usage <[ue fait Zacharie de la parole recouvrée. Le rédacteur s'empare de ces « bénédictions 1) pour y rattacher son cantique : « Béni soit le Seigneur ! ».
2. V. 67. x.at ZoLyoLpioiç o "ax/jp aùioù i'Kk■^^<J^■(^ "VîuaaTo; x-^'.o'j y.al iTipaarJ-suasv Àsycov. Cf. vv. 41-42 {supr. p. 297, n. 4).
•L Hypothèse de Hillmann.