‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 37 sur 829 · Cf. supr. p. 4, n · texte numérisé non relu

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4. Irénée, Haer. i, 27, 2. Et super haec, id quod est evangelium secundum Lucam circumcidens, et omnia quae sont de generatione Domini conscripta auferens, et de doctrina sermonum Domini mulla auferens, in quibus manifestissime conditorem hujus universitatis suum Patrem confitens Dominas conscriptus est; semetipsum esse veraciorem quam sunt hi qui evangelium tradiderunt apostoli, suasit discipulis suis, non evangelium sed particulam evangelii tradens eis. » Tertullien, Marc. IV, 2. Ex iis commentatoribus quos habemus, Lucam videtur Marcion elegissc, quem caederet.

l). Cf. QÉ. 16-17.

apocryphe. .Muls, si FÉt^lise a conservé ces quatre Kvangiles, ce ncsl pas ' pour avoir mieux su que Marcion comment ils avaient été écrits; c'est! parce quelle les avait et qu'elle s'y retrouvait ^.

Le témoif^nag-e de Justin a donné lieu à beaucoup de discussions. La date de ses œuvres et même celle de sa mort ne peuvent être déterminées avec précision. Sa carrière littéraire s'est déroulée entre les années 1 40 et 165 environ -. 11 parle à diverses reprises des écrits évang^éliques, désignés par lui, peut-être à linlention de ses lecteurs non chrétiens, sous le titre de « Mémoires des apôtres •' », et il nomme même « les Évangiles ' » ; il les connaît comme livres ecclésiastiques, lus dans l'assemblée chrétienne avec les prophètes anciens, mais il n'indique aucun nom

1. Les données conce:nant l'usage que Rasilide (vers 130-1.351 et Valentin (vers 135-160) ont fait des Evangiles manquent de précision ou de solidité. D'après les Acta Archelai, 55, le treizième livre des Exegetica de Basilide commençait par ime explication de la parabole du Riche (Le. xvi, 19-31). Teb- TULLiEN, Praescr. 38, ne reproche à Valentin que des licences d'exégèse : « Neqiie enim si Valenlinus integro instrumento uti videtur, non callidiore ingenio quam Marcion manus intulit veritati. Marcion enim exserte et palam machaera non stylo usus est ; quoniam ad materiam suam caedem Scripturarum confecit. Valentinus autem pepercit; quoniam non ad materiam Scripturas, sèd materiam ad Scripturas excogitavit : et tamen plus abstulit et plus adjecit, auferens proprietates singulorum quoque verborum, et adjiciens dispositiones non comparentium rerum. >> CL Irénée, Haer. 1, 3, 6.

2. Dates de llarnack : Justin commence à enseigner en 141-142; peu après 150, Apologie; entre 155 et 160, Dialog-ue avec Tryphon ; martyre entre 163 et 167, peut-être en 165. Stanton : Apologie, vei"s 145-146; Dialogue, avant 161 ; martyre, un peu après. Abbott ;après Lightfoot) met les écrits de Justin entre 145 et 149. CL Hahnack, I, 274-2S4.

3. Apol. 1, 33 (à propos de Fannonciation et de la conception virginale), w; oi àr:oavr|ij.ov£-JaavT£ç TcivTa Ta ~z-J. toj S'ot/i^gç r^u-C'y/ 'Ir^io^ XpicJToij io:'oaça , o!; £-;aT£'JcrajjL£/, l-Eior, y.xl ù'.x 'Haatou tou 7:poo£Oï]Xoaiv'Ou t6 TTpoyTjTix'Jv -vsuaa touto y£vr|30[j.£vov (var. toutov -■zm^'yo^c'^ov) ojç -po£[Ar|V'jo!Ji£y, ïff\. 67. y.cù ifi tou fjÀiou X£yo;j.Évri fjaipa 7:âvT'')V y.a.-k tzôXe'.ç •/) àypoùî [jlevovtwv k~i tÔ auTO auvi^cuai; YivETa;, zaî Ta àr:o;i.vr|ij.ov£-j|j.aTa Trov à-ojTo'À'DV r] Ta TjyypàtjLu.aTa twv 7:poœr|Twv àvay:v(>jay.£Ta'., ixr/p'.ç iy/'.jp£'.'. Dùil. SS. "iypaiav o[ à-oaToXoi ajToi tojtoj tou XpiaTou 7;a'jjv. 100. ■j'!ov 6£oij yjypaaaîvov ajTOv £v toï; àr.ou.'/r^'j.o^/î.-jij.yi'j'. T(ov à^OJTOÀojv aÙTOu £yovT£ç xaî •j'.ov aÙTov ÀiyovT£:. Nombreux passages ap. Zahn, Geschichte des neut. Kanons {GK.), I, 469-470.

4. Apol. 1, 66. 'A yàp ànocTToXo-. iv toTç yEvoar/o'.; 0-' aJTwv à-ou./r|tAO/£j!xacï;v, a ■/.■xKil-.rL: îjayyiÀ'.a. ojTfoç -apio'ox.a/ ivTîTaXGa; aJTOÏç (il s'agit de la cène eucharistiijue . C'est le seul endroit où Justin emploie le mot « évangile » au pluriel, et l'on a ])u soupçonner que l'explication a /.. sJayyiXta était interpolée; mais riiypolhèse est gratuite, attendu que ces sortes d'explications sont dans les habitudes de Justin voir, par ex., Apol. I, 66. xal f, Tpoçr) auTTi y.aÀ^ÏTa; -ap' r,ij.vj

A. LoisY. — /,('.s- Kvunçiiles si/iinpliqnex. 3

crauleur. Le caractère de ses citations fait qu'elles ne suppléent pas autant qu'on le souhaiterait à Tinsuffisance de ses assertions générales. On a pu soutenir que Justin avait employé, avec les Synoptiques ou même avec nos quatre Évangiles, l'Evangile des Hébreux, ou l'Évangile de Pierre ', ou un Evangile absolument perdu, antérieur aux Synoptiques ^, ou bien encore une harmonie des Synoptiques ^ analogue à celle de Tatien, ou un proto-Matthieu et un proto-Luc '. Il parait du moins certain que tout ne vient pas de nos Evangiles, que nulle distinction n'est faite entre les sources évangéliques, et que ces sources, tant pour ce qui regarde l'enseignement que pour ce qui regarde les faits de l'Évangile, sont dans le courant de la tradition synoptique •'.

Justin entend par « Mémoires des apôtres » les souvenirs écrits que les apôtres ont laissés touchant la vie et l'enseignement de Jésus-Christ, comme Xénophon a écrit des mémoires sur Socrate '"'. Il observe cependant que ces mémoires ont été rédigés par les apôtres ou par leurs disciples ''. Interprétée à la rigueur, cette façon de parler permellrait de supposer que Justin connaissait deux évangiles au moins, qui avaient été écrits par des apôtres, et deux par des disciples des apôtres ; d'où il serait aisé d'inférer que son recueil évangélique était précisément le canon des quatre Evangiles tel que le connaît Irénée ^. Mais l'assertion n'a pas la

tùya'jiiT'.a; autres exemples dans Zahn GK. I, 467), et l'on n'a pas lieu de s'étonner qu'il fasse connaître une fois le nom clirétien des livres ([uil cite ordinairement aux païens sous une désignation propre à donner quel({ue idée de leur origine et de leur contenu. Ailleurs Justin emploie le mot au singulier, par ex. Dial. 100. zat âv xw eùay-vEÀiw Se yi^px-xat sî-ojv (6 X&i^To'ç); et Tryphon lui-même est censé dire, 10. Cuiov Ss xal xi h xw Xcyoaivo) eùoiy^fk'.d) -apayyE/.aaxa, zxX.

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