JûLiCHER, II, 232. Wellhausen, Ml
4. HoLTZMANN, 48. Mï. 29. ï] Tîw; ojva-at t-.ç il'jiX'^iïv xxX., est la coulinuation
de 26. tm; ouv aTaOr[j£-a'. t] paaiXet'a aùioy, sans égard à 27-28.
BEELZEBOUL 707
posée au sujet des exorcismes juifs pouvait mettre les pharisiens dans l'embarras, elle ne pouvait servir à prouver que Jésus amenait le royaume de Dieu. Au contraire, si l'on fait abstraction de ces exorcismes, l'expulsion des démons par l'Esprit de Dieu peut être alléguée en preuve du royaume. Cette preuve pourrait donc sembler mieux garantie ([ue la question. Encore est-il cependant que leur association ne paraît pas accidentelle, et que l'on a voulu distinffvier entre les exorcismes des Juifs, faits au nom de Dieu ou du Christ, et ceux c[ue Jésus accomplis par l'Esprit de Dieu : la distinction et l'argument qui y correspond reflètent plutôt les préoccupations de la controverse judéo-chrétienne que la pensée du Sauveur. Si la réflexion est surajoutée, la remarque sur les exorcistes juifs en est lélénient [)riacipal ; ce qui est dit touchant les démons chassés et la venue du royaume ' sert à rejoindre la suite du discours.
La comparaison du guerrier vaincu complète en eifet celle du royaume divisé. Satan ne peut pas être divisé contre lui-même ; s'il est battu, c'est qu'il a trouvé plus puissant que lui. Dans la pensée de Jésus, « le fort ' » était un type comme le semeur, le maître de maison, le voleur et les autres personnages de parabole. Un hercule bien armé, qui sait user de ses membres et de ses armes, est maître chez lui, et il n'est point à supposer qu'on lui enlève ce qui lui appartient, à moins d'être plus fort que lui, et de l'avoir préalablement garrotté. La comparaison roulait donc primitivement sur lantithèse du fort et du plus fort ; et comme la première comparaison devait prouver que Satan ne se chassait pas lui-même, la seconde doit montrer qu'il est chassé par un plus fort que lui. Mais les évangélistes ont détruit la comparaison et l'ont ramenée à une allégorie. L'antithèse du fort et du plus fort ne subsiste que dans Luc, et assez atténuée '\ Marc et Matthieu ont fait de la comparaison primitive la conclusion de l'argumentation précédente.
1. Noter que Matthieu, contrairement à lordinaire, écrit, v. 28. f^ [3aCTiX£Îa Tou OeoS. On dit que c'est sous l'influence de Iv ::vrj;xa-t 6=05 ; mais cette explication est contestable. Le fait tendrait à prouver que les vv. 27-28 ne sont pas de la source primitive où on lisait régulièrement : « Le royaume dea deux »..