‹ Les évangiles synoptiquesChapitre 602 sur 829 · ScHANz, ML · texte numérisé non relu

ScHANz, ML

3. V. 13. ô'.à TOijTO £v TzapajîoXaii; aùxot; XaXw, oxt [BàItzovts; où [îÀÉ7:oya'tv. On doit rapporter 5tà toùto à ce qui précède, vv. 11-12, pour amener la l'éponse directe à la question du v. 10; oti est explicatif. Matthieu rejoint ici Marc (11Z>-12) et le résume avant de produire la citation d'Isaïe.

4. Is. VI, 9-10. On lit dans l'hébreu : « Va dire à ce peuple : Écoutez bien et ne comprenez pas; regardez bien et ne connaissez pas. Epaissis le cœur (l'intelligence) de ce peuple; endurcis ses oreilles et bouche ses yeux, de peur qu'il ne voie de ses yeux, n'entende de ses oreilles, ne comprenne avec son cœur, et qu'il ne se convertisse et soit guéri. » L'hébreu convient mieux à la thèse de Marc, et la conceptien propre de Matthieu se fonde sur ce qu'il y a d'inexact dans la version greccjue (Holtzmann, 247); mais il importe peu à la question principale, à savoir la raison d'être des paraboles, que laveu-

implicitement. Ce texte prouve encore la nécessité providentielle de la situation où se trouvent les Juifs à l'ég-ard des paraboles : « en eux s'accomplit la prophétie d'Isaïe cpii dit : « Vous entendrez de vos oreilles, et vous ne comprendrez pas ». Les paraboles, participent à la même nécessité : elles sont voulues de Dieu pour entretenir l'endurcissement des Juifs, censé acquis avant les paraboles ; mais Tévangéliste va jusqu'au bout de la citation, de façon à rencontrer Marc, et à dire que, si les Juifs se montrent aveugles et sourds, c'est parce que Dieu ne veut pas qu'ils voient ni entendent, ni qu'ils trouvent ainsi le moyen d'être sauvés. Les paraboles sont adaptées à l'accomplissement de ce dessein. Matthieu conserve donc l'idée de Marc, mais il aura trouvé quelque avantage à ne pas la mettre dans la boviche de Jésus comme expression d'une volonté personnelle ; il a désarticulé le discours de manière à signaler comme un fait l'aveug-lement des Juifs en face et par le moyen des paraboles, et à réserver la déclaration du dessein providentiel d'endurcissement pour la citation prophétique '. Ce développement atténue, peut-être avec intention, la forme du discours dans Marc, mais il n'atténue que la forme, même en ce qui reg-arde l'intention personnelle de Jésus, qui est simplement subordonnée au décret divin. Marc l'entendait ainsi, bien qu'il ne le dise pas. La seule modification réelle qui soit introduite consiste en ce que Matthieu dit explicitement ce que Luc admet implicitement, à savoir que les paraboles n'ont pas été qu'un instrument de réprobation pour les Juifs, mais (ju'elles ont eu leur utilité pour les disciples. L'attention que Matthieu et Luc ont apportée avix paraboles, et l'impression favorable qu'ils en ont reçue ont pu les induire à

glemeat des Juifs précède déjà, ou suive seulement les paraboles, attendu que Marc n'exclut pas Faveuglement antérieur, et que Matthieu voit/lans les paraboles un moyen providentiel de l'entretenir. Matthieu n'eutend pas parler d'un parti pris de ne pas voir, car il maintient roI:)SCurité objective des paraboles, et ne confond nullement cette obscurité avec la disposition subjective des auditeurs. i> De peur qu'ils ne voient, etc. » marque aussi l'intention de la Providence, non celle des Juifs.

1. Cette citation est censée dite par Jésus, et c'est pourquoi révangéliste varie la formule qui lui sert à introduire les prophéties (cf. v. 3'J. '6-'jk xXïjpwO^ To prJOsv); mais on reconnaît sa manière et l'artifice de la suture qui rattache le passag-e d'Isaïe au texte abrégé de Marc, dans ce commencement du v. 14 :

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cette correction. Matthieu est plus préoccupé, soit de l'endurcissement des Juifs et de la prophétie qui l'annonce, soit du privilège des disciples, qui est celui du chrétien, que de l'obscurité des paraboles et de leur efficacité aveug-lante.

Après avair décrit avec complaisance l'état de ceux à qui Dieu n'a pas voulu donner la connaissance des mystères, il revient au privilège des disciples, et le célèbre au moyen d'une parole que Luc a rapportée dans un autre endroit K Le texte de Luc est plus complet et, dans l'ensemble, primitif relativement à Matthieu. Même dans Matthieu, il est évident que la comparaison des disciples avec les anciens prophètes a porté d'abord sur l'objet qui a été vu par les disciples, et que les prophètes et les justes d"autreft)is n'ont pas vu, bien qu'ils l'aient souhaité, c'est-à-dire la venue du Messie, non sur la faculté de voir, dont on ne peut supposer que les justes et les prophètes auraient été privés. Pour adapter ce passage à sa propre idée, le rédacteur, au lieu de dire avec Luc : « Heureux lesyeuxqui voient ce que vous voyez - ! » écrit : « Mais heureux vos yeux parce qu'ils voient ■' ! » ce qui relève les disciples par rapport aux Juifs, qui ne peuvent pas voir. Vient enfin, sans introduction particulière, l'explication de la parabole du Semeur. L'évang-éliste suppose que les apôtres ne comprennent pas mieux que les autres le langage mystérieux des paraboles. On pourrait donc lui objecter que leurs yeux ne voient pas, nonobstant ce qu'il vient de dire à ce sujet. Tout ce développement, fait de pièces rapportées et mal jointes, n'est pas dominé par une logique trop sévère, et la signification de l'ensemble tient, pour le rédacteur, dans ces deux idées : kl vérité n'est pas pour les Juifs, et les paraboles servent à la leur cacher; la vérité est pour les disciples, et c'est pour cela que les paraboles leur sont expliquées.

Les évangélistes ont donc trouvé les paraboles obscures, et ils ont pensé que Jésus avait parlé en paraboles pour n'être pas compris des Juifs : ce serait, d'après Marc, le but unique, d'après Matthieu

1. Le. X, 23-24. Linsertion de cette sentence paraît compenser dans Mattliieu loniission de Me. iv, 21-2.3, utilisé antérieurement (Holtzmaxn, loc. cit.).

2. Le. X, 23. [xa/.âpiot oî oçOaXijLol oî pXi7:ovTc; a [îÀÉTrers.

3. V. 16. u|X(ov oi ij.a/.ap'.o'. oî oçOaXtjioî ot'. [ùdr.o-j'Z'.w . Rien ne correspond dans Luc à ce qui suit : zaî xà (oTa oi-. àxojouaiv, mais cette addition vient de la source et se trouve garantie en quelque façon par Luc, x, 2V, où il est question de voir et d'entendre, comme dans Matthieu.

et Luc, le but principal des paraboles. Etant donné que les paraboles étaient très claires en elles-mêmes; que Jésus n*a jamais parlé que pour éclairer ses auditeurs ; que la parabole même du Semeur suppose à la prédication du Sauveur un autre but et un autre résultat, l'opinion des évang-élistes n'est pas fondée en histoire, et le texte de Marc, dont dépendent les deux autres Synoptiques, ne peut être une parole authentique du Christ; c'est une hypothèse de la tradition, et l'analyse critique du chapitre où il se trouve, invite aussi, comme on Ta vu plus haut, à lui attribuer ce caractère. Pour eu sauver l'authenticité, on a dit que la prédestination s'exprimait dans ce passage avec la rigueur al>solue de la théologie sémitique, mais que Jésus lui-même avait pu émettre ce jugement au sujet des paraboles, parce que quelques-unes du moins sont propres à cacher aux uns ce qu'elles révèlent aux autres '. Assertion contraire au fait, car les paraboles n'avaient rien dénigmatique, et au texte des Evangiles, où les paraboles sont censées obscures par elles-mêmes et pour tout le monde. On a dit aussi que le secret du royaume était sa présence spirituelle, qui était l'objet des paraboles, et que le peuple ne pouvait comprendre '. Mais le « secuet » ou « les secrets » du royaume sont les vérités de l'Evangile, qui ne sont pas destinées aux Juifs réprouvés ; l'objet des paraboles n'est pas la présence invisible du royaume, et quand même leur objet serait tel, on ne voit pas comment elles empêcheraient de le reconnaître ; or les évangélistes enseignent que les paraboles mêmes, et non seulement les dispositions des personnes, font obstacle à l'intelligence du mystère. On a dit enfin que Jésus, par une sorte de procédé pédagogique, aurait adopté une forme d'enseignement qui devait provoquer la curiosité des âmes de bonne volonté, touchant les vérités du salut, mais non les révéler directement à tous ; les paraboles auraient eu pour but d'amener ceux qui les entendaient à poser des questions au Christ, comme font les disciples ; elles auraient ainsi opéré dans l'auditoire une sorte de triage entre les esprits bien disposés et ceux qui ne désiraient pas se convertir; instrument de lumière pour les âmes droites, elles auraient été l'instrument providentiel de l'endurcissement pour les âmes tortueuses et les consciences obscures ; ce résultat de l'enseignement parabolique aurait été constaté par Jésus à

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