B. Weiss, Leben Jesu, II
2. On na fait ici que résumer Jûliciier, I, 139-14^1. .3. Voir Introdnclion, snpr. p. 189.
comment connaîlrez- quelqu'un entend la de Dieu; l'2. et ceux
vous toutes les para- parole de Dieu et ne qui sont le long- du che-
boles? 14. Le semeur la comprend pas, le min sont ceux qui ont
sème la parole; 15. et malin vient et ravit ce entendu, (et) à qui le
ceux qui sont le long- qui a été semé dans diable vient enlever de
du chemin où la parole son cœur : c'est celui leur cceur la parole,
est semée sont ceux à qui a été semé le long- afin qu'ils ne soient pas
qui, lorsqu'ils en- du chemin; 20. et celui sauvés en croyant ; 13.
tendent, Satan vient qui a été semé sur les et ceux qui sont sur la
aussitôt enlever la pa- endroits pierreux est pierre sont ceux qui,
rôle semée en eux; 16. celui qui écoute la pa- lorsqu'ils entendent,
et de même, ceux qui rôle et qui la reçoit acceptent avec joie la
sont semés sur les en- aussitôt avec joie; 21. parole, et ceux-ci n'ont
droits pierreux sont et il n'a pas de racine pas déracine, ils croient
ceux qui, lorsqu'ils en- en lui-même, mais il pour un temps, et, au
tendent la parole, la ne dure pas, et la tii- moment de l'épreuve,
reçoivent aussitôt avec hulation ou la persécu- ils se retirent; 14. et ce
joie; 17. et ils n'ont tion survenant à cause qui tombe sur les
pas de racines en eux- delà parole, il est aus- épines, ce sont ceux
mêmes, mais ils ne du- sitôt "rebuté; 22. et qui ont entendu, et qui,
rent pas; la persécution celui qui a été semé ^^ en allant, sont étouf-
survenant ensuite à sur les épines est celui lés par les soucis, la
cause de la parole, ils qui écoute la parole, et richesse, les plaisirs
sont aussitôt rebutés; le souci du monde et de la vie, et n'arrivent
18. et les autres, qui la déception des ri- pas à maturité; 15. et sont semés sur les chesses étoulFent la ce qui (est) dans la épines, sont ceux qui parole, et elle est ren- bonne terre, ce sont ont écouté la parole; due stérile ; 23. et celui ceux qui, ayant en-
19. et les soucis du qui a été semé sur la tendu la parole, la remonde, la déception bonne terre est celui tiennent dans un cœur des richesses, les con- qui, écoutant la parole droite! bon, et portent voitises d'autre sorte, et la comprenant, porte du fruit en patience, s'introduisant , étouf- du fruit et produit, qui
fent la parole, et elle cent, qui soixante, qui
est rendue stérile; 20. trente (pour un). »
et ceux-là qui ont été
semés sur la bonne
terre sont ceux qui
écoutent la parole et
l'acceptent, et qui
[)ortent du fruit à
trente, à soixante et à
cent (pour un). »
732 LES ÉVANGILES SVNOPTIQUES
Matthieu et Luc n'ont pas vu la raison de la reprise : « et il leur dit », avant l'explication de la parabole; ils ont pensé trouver dans cette explication la suite naturelle du discours, tandis cpie, dans Marc, c'est la réponse à la question posée par les apôtres d'après une rédaction antérieure ; on la rattache artihciellement à la réponse qu'on a intercalée avant celle-ci. La remarque de Jésus : « Vous ne comprenez pas cette parabole ! comment donc comprendrez-vous les autres '? » se réfère directement à la question des disciples, sans égard à ce qui précède ; elle suppose que la question a eu pour objet le sens particulier de la parabole qui vient d'être dite, non la raison générale de l'enseig-nement parabolique. Jésus paraît s'étonner de l'inintelligence des disciples : les paraboles ne sont pas si obscures qu'ils les trouvent. Venant après la déclaration solennelle touchant ceux à qui le mystère du royaume est donné,, ces paroles sonnent comme une contradiction. Les doux autres Synoptiques, qui ont atténué ce qui regarde la communication du mystère, les suppriment tout à fait. Puisque les paraiioles sont obscures, il est naturel que les apôtres ne les comprennent pas, et que Jésus les leiu' explique. C'est ce que fait entendre Matthieu^ substituant aux paroles de surprise et presque de mécontentement, qui viendraient mal, chez lui, après les félicitations que Jésus vient d'adresser aux disciples, une formule qui témoigne plutôt de l'empressement à éclairer ceux-ci selon leur besoin : « Vous donc, écoutez la parabole du semeur -. » Ils ont droit à l'explication ; ils
1. V. 13. O'jy. ô'tùaTS tï,v -aparjoÀif|V xauTr,'/, y.ai -(o; r.di'x; ta; -apalioÀàç yvoiiî^Os ;^ Il est peu naturel de construire : « Vous n'entendez pas cette paral)ole ni comment vous comprendrez toutes les paraboles ? » (B. Weiss, E. 190), en supposant que « les paraboles >', ici et dans le v. 10, sont seulement celles (jui ont été prononcées avant la question des disciples. On voit par le contexte que la question du v. 10 vise la raison des paraboles en général, et que, dans le V. 13, la parabole du Semeur, « cette parabole », est censée avoir précédé seule l'explication qui en est donnée ; elle n'est pas opposée à un nombre déterminé de paraboles cjue Jésus avu'ait dites ou devrait dire ce jour-là ; mais, en tant (jue première parabole non comprise, elle est mise en rapport avec toutes celles que Jésus ne manquera pas de dire encore, et que les apôlres ont toute chance de ne pas mieux comprendre. B. Weiss ne voudrait pas c[ue Jésus blâmât les disciples pour avoir demandé l'explication de la parabole.
2. V. 18. u[Xctç O'jv j.y.ojrsy.-î xf|V 7:apa|jo),T;v toj 7~iijavTo: (xH . La plupart des mss. on G-î;povTo:.
vont l'avoir. La simple formule de Luc : « voici ce qu'est cette parabole ' », ne suppose pas que les paraboles soient dites pour aveug'ler les gens du dehors ; elles forment une partie importante, -et même essentielle, de la prédication évang-élique ; elles sembleraient destinées aussi bien à l'instruction des disciples, dont le peu d'intelligence obligera le Maître à des éclaircissements qu'il avait pu croire superflus.
Il n'y a peut-être aucun morceau des Evangiles dont la structure logique et littéraire laisse plus à désirer que l'explication de la parabole du Semeur. Ce défaut est surtout sensible dans Marc; mais ni Matthieu ni Luc n'ont réussi à le corriger tout à fait. Marc commence par une proposition générale : « le semeur sème la parole ~ ». Cette parole ne peut être que l'Evangile. On veut donc •dire que « le semeur » de la parabole n'est pas un semeur de blé, anais que le grain qu'il répand est le message du royaume céleste. Le commentaire ne s'adapte pas à l'énoncé de la parabole : « Le semeur sortit pour semer », où le grain n'est pis mentionné. Luc •a fait l'harmonie en écrivant plus haut : « Le semeur sortit pour semer sa semence » ; et ici : « la semence est la parole de Dieu ^ », ■c'est-à-dire, au fond, la prédication chrétienne. Matthieu laisse tomber la proposition de Marc, pour n'avoir pas à la corriger ; mais il a soin de mettre « la parole de Dieu » en tête de l'explication allégorique du premier cas, la semence tombée le long du chemin; il songe d'ailleurs moins a la semence qu'au champ, qui est pour lui la communauté chrétienne, on peut dire l'Eglise ^.
Dans Marc et dans Luc, cette semence se trouve ne plus désigner la parole, mais d'abord les hommes quil'ont entendue, et à qui Satan vient aussitôt la prendre ; on parle même des hommes qui rsont le long du chemin ». Dans Matthieu, la semence paraît d'abord être la parole « semée dans le cœur » ; mais comme on ajoute aussitôt : (( c'est celui qui a été semé le long du chemin », il semble plutôt que ce soit l'homme qui entend sans comprendre, et la pen-
1. V. 11. ïïTiv Ô£ ajTTj fj -apa[îo)vr[. Cf. .s"«/i/". p. 743, n. 2.