a Munus quodcumque est ex me tibi proderit
9o6 LES ÉVANGILES SYNOPTIQLES
tion de la phrase est irrégulière dans Marc : « Et vous, vous dites : « Si un homme dit » etc., « vous ne le laisserez plus rien faire pour son père et sa mère. » Dans sa conclusion, révangéliste oublie qu'il a mis : <( vous dites, » avant la proposition principale. Le passage correspondant de Matthieu présenterait la même irrégularité, sans exprimer, comme Marc, en quoi consiste le tort des scribes, si on devait lii-e : « Et vous, vous dites : « Quiconque dit à son père ou à sa mère : Soit ollVande ce dont tu pourrais être secouru par moi. » Il n'honorera pas son père >>, cette dernière remarque étant censée faite par Jésus. Il faudrait suppléer à la (in du discours prêté aux pharisiens, soit : « ce n'est rien de mal • », ou bien : (( il en a le droit ». Mais il n'est pas vraisemblable que l'on sous-entende ce qui justifie l'accusation. Le texte est intelligible et correspond exactement à ce qui est dans Marc, si on lit : « Et vous, vous dites : « Quiconque dit », etc. — n'honorera pas son père », c'est-à-dire ne doit pas l'honorer, ne doit rien lui donner, cette assertion étant mise dans la bouche du docteur, pour le montrer en contradiction flagrante avec le précepte du décalogue -. Ce n'est pas en ces termes que les casuistes formulaient leur conclusion, mais ce qu'ils disent revient à ce que Jésus leur fait dire, et l'on ne voit pas qu'ils songent à protester. Cette forme piquante d'argumentation pourrait être primitive relativement à Marc, qui a l'air plutôt d'expliquer la pointe : « n'honorera pas son père », dans sa paraphrase : « vous ne le laissez plus rien faire pour son père ou sa mère. »
Après avoir prouvé par cet exemple particulier le bien fondé de l'accusation qu'il a portée contre les pharisiens, le Sauveur conclut, d'après Marc, en disant qu'il pourrait citer beaucoup d autres cas semblables, où la loi de Dieu est annulée en fait par des interprétations captieuses; et d'après Matthieu, en citant le passage d'Isaïe que le second Evangile a placé en tête du discours -K Ces compléments n'étaient pas nécessaires. Celui de Marc : « Et